Quand le développement progresse, la pauvreté recule

Presentation
15 août, 2007, 19:02
Classé dans : Non classé

PSS est née de la volonté de ses membres  de placer les préoccupations du développement durable au centre de leurs actions. Le siège de PSS est fixé à Douala, province du Littoral, département du Wouri. 

L’objectif global de PSS est de contribuer au développement et à l’autonomie des jeunes  en favorisant le développement économique par les initiatives locales,  les échanges d’informations sur les expériences novatrices. 



LES HUILES DU PALMIER A HUILE ET LEURS USAGES
29 août, 2007, 13:32
Classé dans : Agriculture

Le palmier à huile tient son nom de la forte teneur en huile, de la pulpe de ses noix et des amandes des palmistes. On reconnaît ainsi deux principales huiles produites à partir du palmier à huile. Il faut cependant noter qu’il en existe d’autres. Nous nous intéresserons cette fois à l’huile produite à base des larves (chenilles blanches) de hannetons foreurs de troncs de palmier mort et aux usages traditionnels de l’huile de palmiste et de l’huile de palme.
L’extraction de l’huile de palme est assez bien connu au niveau artisanal et vulgarisée à l’échelle industrielle ; l’extraction de l’huile de palmiste quant à elle est assez mal connue de la génération actuelle dans les villages, pourtant l’huile de palmiste avec ses multiples usages mérite bien qu’on apprenne à l’extraire.
Comment extraire l’huile de palmiste ?
Elle se passe principalement en 4 étapes :
1 – Le séchage est un concassage des noix. A ce niveau, on obtient les amandes (noix intérieures) et les coques. Les coques peuvent être utilisées comme combustible.
2 – Les amandes peuvent alors être grillées et pilées pour donner une masse granuleuse blanchâtre.
3 – La masse ainsi obtenue est placée au feu avec un volume d’eau qui doit être le double de celui de la masse à cuir. Un dépôt blanchâtre va se former au-dessus de l’eau bouillie et refroidie, on obtient ainsi de l’huile brute.
4 – L’huile brute obtenue de cette manière peut alors être fondue au soleil ou sur feux doux pour être filtrée par la suite. L’huile de palmiste peut alors être conservée en bouteille.
Une autre huile peut être extraite des larves foreuses de hanneton. Ces larves sont souvent consommées par les populations rurales et font l’objet d’un petit commerce qui s’étend jusque dans les centres commerciaux. Ces larves sont consommées dans le mets de pistache, dans des légumes braisés, sous forme de brochettes ou frits. Mais beaucoup de consommateurs ignorent qu’elles ont une importante source d’huile.
Comment extraire l’huile de larves de hanneton (vers blancs du palmier ?
L’extraction se fait en 3 étapes :
1 – Nettoyer les vers blancs du palmier et leur ouvrir le ventre un à un.
2 – Les placer au feu dans une poêle ou une casserole dans mettre de l’eau et laisser chauffer jusqu’à l’apparition d’huile.
3 – Séparer l’huile de la chair à l’aide d’une passoire ou d’un tamis grossier. L’huile ainsi obtenue est propre à tout usage ménager ou de beauté. Son arôme reste indélébile dans les frites ou les sauces.
Les autres usages des huiles du palmier
Toutes les huiles du palmier sont utilisables à des fins alimentaires, mais elles ont aussi d’autres usages non alimentaires qu’il est utile de souligner.
L’huile de palme ou de palmiste sont également utilisées à plusieurs fins autre que l’alimentation :
1 – Une louche d’huile de palme prise à petites gorgées chaque matin et à jeun éloigne les risques d’étranglement, de la hernie et à la longue, celle-ci se résorbe après quelques semaines de traitement (consulter le médecin).
2 – L’huile de palme peut être bue pour atténuer l’effet d’une intoxication accidentelle (poison et autre) en attendant d’atteindre l’hôpital.
3 – Pour soigner la crête de poule infectée, on peut d’abord y frotter les feuilles broyées de dattier avant d’appliquer l’huile de palmiste.
4 – Avec de l’huile de palme, on peut fabriquer l’encaustique (produit pour faire briller les meubles en bois). Pour ce faire, il faut mélanger 1 litre d’huile de palme avec 1 litre de pétrole et 3 bougies fondues. Le mélange est alors appliqué sur les meubles après les avoir lavé avec de l’eau et du savon.
Rôle médicinal de l’huile de palmiste
Maladies Préparation Modes d’emploi
Asthme - Mettre les palmistes (amandes) dans une marmite sans eau
- Laisser chauffer en tournant les palmistes à l’aide d’une spatule
- L’huile se déposera progressivement au fond de la marmite Boire 1cuillerée à soupe le matin
1 à midi
1 le soir
Teigne
Gale
Démangeaison Prendre de l’huile de palmiste préparée selon le procédé décrit plus haut Nettoyer l’endroit affecté et faire deux applications par jour
Blessures légères et boutons de rougeole ou de varicelle Idem Appliquer après nettoyage deux fois par jour
Chute des cheveux Idem Appliquer deux fois par jour sur les zones menacées de chute de cheveux
Peaux fragiles ou fendillées Idem Appliquer pour adoucir les peaux fragiles, les fessiers de bébé

Dispositions pratiques : conseils aux grimpeurs de palmier
Avant de grimper – Eviter de prendre l’alcool
- Se déchausser et surtout vérifier l’état du cerceau
- Le cerceau en ronce est plutôt déconseillé pour les jeunes palmiers
- La machette conseillée est de type 202 limée des deux côtés et au bout
- Elle est gardée dans un fourreau que l’on attache à la hanche à l’aide d’une ficelle
- Porter une casquette ou une chéchia et se munir de sel gemme, de la pierre noire et d’un rasoir.
Pendant la montée – Pour les débutants, éviter de regarder le sol
- Pour les troncs lisses, les blesser pour obtenir des marches-pieds
- Enlever toujours les branches au niveau du tronc en étant prudent car ce sont souvent de serpents.
Pendant la coupe
(branche ou régime) – Avoir les jambes bien tendues et les pieds bien fixés sur le tronc
- Etre bien adossé contre le cerceau
- Scier doucement en poussant de la main gauche
- Pour éviter que le régime ne tombe sur les jambes, faire un quart de tour pour couper la branche qui retient le régime de la gauche vers la droite pour qu’elle tombe au même moment avec le régime qu’on pousse dans le dos
- Redoubler de vigilance en saison de pluie car le tronc est glissant.
En cas d’attaque par un animal dangereux – Une fois dépisté, anticiper les mouvements afin de le surprendre
- En cas de piqûre par une guêpe, mouiller rapidement le sel gemme à l’aide de la salive et frotter l’endroit piqué
- En cas de morsure par un serpent, élargir la blessure et y appliquer la pierre noire
- Descendre aussitôt pour demander secours.
Comment fabriquer un bon cerceau – Sélectionner les branches fraîches du palmier
- Choisir les meilleures lianes comme fil d’attache
- La branche coupée doit être d’abord laissée au sol pendant 4 jours
- Enlever la peau en conservant la partie la plus lourde
- La plier en arc de cercle et passer par le dos
- Elle doit avoir la dimension de deux mains tendues
- La seconde doit être légèrement plus grande que la première
- Pour avoir un bon nœud, il faut tordre légèrement les bouts de la liane pour s’assurer de la résistance
- Après avoir noué les deux arcs, on le pose du front aux genoux pour avoir à peu près la grosseur maximale du palmier
- Quand le cerceau est prêt, le conserver dans un endroit bien sec pendant un mois
- Avant toute utilisation, le laisser toujours séjourner dans l’eau pendant une heure au moins
- La durée de vie moyenne d’un cerceau est de deux semaines si on l’utilise régulièrement
- Toutefois, il faut toujours vérifier son état et surtout celui des nœuds
- S’il tend à se détériorer, s’abstenir de s’en servir.



SOIGNER LA DYSENTERIE AVEC LES PLANTES
29 août, 2007, 13:21
Classé dans : Top santé

La dysenterie amibienne et la dysenterie bacillaire sont des maladies infectieuses, donc des maladies fréquentes. Ces maladies sont directement liées aux mauvaises conditions d’hygiène dans lesquelles l’homme vit.

Quelles sont les causes ?
La dysenterie bacillaire est causée par les shigelles, des germes tout petits, mais nuisibles pour l’homme et le singe. Cette infection est rare mais observée dans le monde entier. Elle est endemo-epidermique (présence habituelle constante ou à des périodes ponctuelles dans une région donnée).
Le réservoir principal est le tube digestif de l’homme. La contamination est directe, on n’a pas besoin d’un être intermédiaire. Il suffit d’avaler les germes ; on a cependant vu quelques rares épidémies liées à l’eau, aux aliments souillés et aux mouches.
La surpopulation et les conditions sanitaires défectueuses (manque de latrine, manque d’eau potable) favorisent la propagation de la maladie. La dysenterie amibienne est due à une infection spécifique par l’amibie. La contamination est directe ; l’amibie passe par la consommation des aliments souillés : fruits, légumes crus (salades, légumes mal lavés), le péril fécal (absence de latrines et toilettes propres), insalubrité du milieu, mains sales.
La dysenterie, en général affecte surtout les enfants de 1 à 4 ans car ils consomment les aliments souillés.
Comment se manifestent-elles ?
Les symptômes et les signes de la présence de la dysenterie les plus évocateurs sont :
- Les coliques violentes
- La fréquente envie d’aller aux selles. Mais les selles sont rares et souvent tâchées de la glaire (substances transparentes et gluantes comme la morve) et du sang.

• La dysenterie bacillaire
Elle est rare et redoutable car elle cause beaucoup de dégâts. Après une incubation (temps écoulé entre le contact avec le germe et la manifestation des maladies) de 36 à 72 heures, la maladie débute brusquement par la fièvre et des vives douleurs abdominales. Puis 48 heures après, le sujet est affaibli, il a des céphalées (violents maux de tête), des convulsions, une polynévrite (lésion avec inflammation).
Le symptôme dysentérique survient deux jours plus tard : il se caractérise par des vives douleurs abdominales, un ténesme (tension douloureuse + envie d’aller aux selles) et l’émission des selles glaireuses, parfois sanglantes, afécales (qui n’a rien, qui ne ressemble pas aux selles ou fécès ordinaires). On note parfois la déshydration, surtout chez les vieux.

• La dysenterie amibienne
La surinfection est presque constante ici, car l’amibe est un germe normal, qui vit dans le tube digestif de l’homme. L’affectation se manifeste sous trois formes :
Dans la 1ère forme dite végétative, non pathogène (non nuisible), le germe se situe à la surface de la muqueuse colique des porteurs sains ou des convalescents et ne cause aucun ennui.
Dans la 2ème forme végétative pathogène, le germe traverse la muqueuse et crée un abcès dans la sous-muqueuse avec la chance de diffusion vers le foie ou le poumon. Il y a déjà un danger ici.
Dans la 3ème forme dite kystique, le danger est plus grave. La dysenterie se manifeste par une diarrhée afécale, avec des glaires muco-sanglants (débris de la muqueuse + sang) et un nombre de 10 à 15 selles par jour. La température et l’examen sont normaux, pas de fièvre. On peut obtenir une guérison sans séquelles si le traitement est précoce, rapide, sinon les complications sont importantes : l’hémorragie, l’abcès amibien du foie ou du poumon, anorexie (refus de nourriture), nausées.
En quoi les deux dysenteries se diffèrent-elles ?
Elles sont toutes les deux des infections mais elles diffèrent par le fait que la bacillaire est rare et redoutable, alors que l’amibe est un germe qui est en l’homme et ne devient dangereux (pathogène) que sous certaines conditions.
Que faut-il faire en cas de dysenterie déclarée ?
Dans toutes les formes de la dysenterie reconnue, la malade doit d’abord être retiré de la famille, donc isolé de son entourage habituel.
En attendant que le traitement médical généralement basé sur l’antibiotique (flagyl, totapen, flagenthyl), soit mis en place, nous pouvons commencer par nos plantes : les feuilles de goyavier et de gui qui sont particulièrement efficaces contre ce mal.
Normalement vous devez vous sentir soulagé après un jour de traitement, avec l’un ou l’autre de ces deux produits. Sinon reprendre 2 ou 3 jours de suite.
Pendant la maladie, sur le plan alimentaire, les prescriptions diététiques sont adaptées à l’intensité du syndrome dysentérique. On observe une diète (suppression de repas) alimentaire avec apport de 1,5 à 2,5 litres de liquides sous forme d’eau, de riz ou d’infusion légère, puis de bouillie de légumes.
On supprime : légumes à grosses fibres de digestion difficile : choux verts, rouges, tomates, zom, folon, feuilles d’okok, de manioc, salades, graisses cuites et fritures.
Suppression des aliments irritants, les muqueuses digestives : boissons alcoolisés, épices, café et thé, piment.
Enfin, le régime sera élargi en faisant une large part aux hydrates de carbone (patate, pomme de terre, farine, riz), viandes grillées, bouillie, œufs frais, poissons maigres, beurres crus ou de préférence en compote ou en jus.
A l’issue de la maladie, on assurera une désinfection des locaux et les vêtements du malade aussi. Il faut prescrire un traitement anti-infectueux prophylactique chez les sujets ayant pu être contaminées avant l’isolement du malade. Les mesures d’hygiène corporelle et générale sont les barrières sûres à cette maladie :
- Laver les mains quand on sort des toilettes
- Chaque famille doit avoir sa latrine et ne jamais déposer les selles dans les champs
- Protéger les repas des mouches propagatrices des germes
- Eviter la divagation des animaux.

Traitement de la dysenterie par les plantes
Ingrédients Technique – Préparation Mode d’emploi Fréquence
feuilles de goyavier (jeunes feuilles près du bourgeon)
5 à 10 feuilles – Laver soigneusement les feuilles Manger cru 2 fois par jour
Feuilles de gui
Une poignée de feuilles fraîches – Laver soigneusement les feuilles
- Réduire en pâte en écrasant sur une pierre
- Prendre 1cuillère à soupe de la pâte
- Mélanger à 1 cuillère à café d’huile de palme
- Assaisonner avec un peu de sel Manger ce mélange 2 fois par jour
La pâte ne doit pas être gardée plus de 24 heures

Quelques recettes
Un bouillon de légumes

- 3 à 4 carottes
- 2 à 3 poireaux
- 1 oignon
- 1 kg de pommes de terres

Technique :
Eplucher et laver les légumes : carotte, poireau, oignon, pomme de terre
Découper en gros morceaux

Cuisson :
Mettre une casserole moyenne au feu .Verser 2 litres d’eau, saler, y mettre les légumes à cuire
En fin de cuisson, verser toute la préparation dans un tamis propre
Recueillir le bouillon et servir au malade

Eau de riz
- 1 tasse de riz

Technique :
Trier et laver le riz

Cuisson :
Prendre de l’eau 5 fois dans la même tasse que le riz
Mettre dans une casserole et y verser le riz à cuire. En fin de cuisson, tamiser la préparation et recueillir l’eau de riz.



OSEILLE DE GUINEE
29 août, 2007, 13:15
Classé dans : Agriculture

L’oseille de Guinée est une plante herbacée bien connue de chez nous. Dans la plupart des cas, elle pousse à l’état sauvage ; parfois elle est cultivée dans les champs vivriers ou aux abords des habitations. On l’appelle parfois « Bissap ».
Quelques unes de ses dénominations sont :
- Nom scientifique : Hibiscus saddarifa
- Nom commun : Oseille de Guinée
- Beti : Esang
- Fufuldé : Foléré
- Douala : Sawa-sawa
- Haoussa : Dandawa beso

L’oseille de Guinée est une plante à usage multiples pouvant servir pour la fabrication du jus alimentaire, de confiture et aussi comme plante médicinale.

L’oseille de Guinée comme plante médicinale
L’oseille de Guinée est une plante riche en vitamines. C’est ainsi qu’elle est utilisée pour soigner certaines maladies liées à certaines carences. Le tableau ci-après donne trois exemples d’utilisation de l’oseille comme plante médicinale.
Maladies Préparation Modes d’emploi
Fatigue générale ou manque de vitamines – Prendre les feuilles rouges d’oseille
- Les préparer dans une tisane ou comme légume Consommer à volonté
Anémie – Faire bouillir de l’eau
- Verser l’eau bouillante dans des feuilles broyées Boire après refroidissement 3 verres par jour
Pour augmenter la sécrétion de lait pendant l’allaitement Préparer une tisane de feuilles d’oseille Boire

L’oseille de Guinée comme denrée alimentaire
Les fleurs d’oseille sont utilisées pour la fabrication d’un jus très apprécié et à partir duquel on peut faire de la confiture d’oseille.
Comment fabriquer le jus d’oseille
- Faire bouillir 3 à 4 litres d’eau potable dans une marmite propre
- Prendre 2 poignées de fleurs séchées d’oseille
- Mettre les fleurs séchées dans l’eau bouillante toujours placée au feu
- Laisser cuire 5mn
- Enlever la marmite du feu et laisser refroidir jusqu’à la température tiède
- Filtrer à l’aide d’un tamis ou un tissu propre
- Sucrer le liquide rouge obtenu et le conserver au frais
- Le jus ainsi obtenu peut être servi comme rafraîchissement ou comme boisson au cours des repas.
Le coût de la production de ce jus est très faible, moins de 60 Fcfa pour une bouteille de 65 cl, alors qu’elle peut être vendue à 150 Fcfa voire 200 Fca.
Comment fabriquer la confiture d’oseille
- Mettre du jus d’oseille dans une marmite propre
- Ajouter du sucre et placer au feu
- Commencer à tourner dès que le jus devient bien chaud
- Arrêter de tourner quand le jus devient bien épais
- Laisser refroidir votre confiture ainsi obtenue
- Elle peut servir à la préparation de tarte.



ELEVAGE DES AULACODES
29 août, 2007, 13:13
Classé dans : ELEVAGE

L’élevage d’Aulacodes : un exemple d’exploitation rationnelle de la faune

L’aulacode (Thryonomys swinderianus), autrement appelé « hérisson », est considéré comme le plus gros rongeur d’Afrique après les porcs-épics du genre Hystrix.
Appartenant au Subordre des Hystrocomorphes, comme l’athérure (« porc-épic ») ou le cobaye, ce rongeur est représenté dans toute l’Afrique subsaharienne depuis le Sénégal jusqu’en Afrique Australe.
C’est un animal trapu de 40 à 60 cm de longueur, hormis une queue de 20 à 25 cm, et d’un poids entre 2 et 4 kg chez les femelles, et entre 3 et 6 kg chez les mâles.
Après 5 mois de gestation, une femelle sexuellement mature à l’âge de 6 mois, peut facilement donner une moyenne de 4 petits par portée. La femelle peut être accouplée une semaine après avoir mis bas, et le sevrage peut se faire un mois après la naissance des petits.
La gestation, assez longue pour un rongeur, permet que l’essentiel du développement foetal se fasse dans le ventre de la mère. Ainsi les petits naissent avec les yeux ouverts, des poils et 4 incisives qui poussent continuellement pendant le reste de leur vie.
Présente surtout dans les régions de savanes, mais aussi dans les galeries forestières et dans les zones déboisées pour l’agriculture, la population d’aulacodes est plutôt en expansion, étant donnée la déforestation croissante en Afrique.
Pourquoi alors élever l’aulacode, une espèce abondante, et à gestation plutôt tardive ?
Plusieurs arguments plaident en sa faveur.
Sa viande, très prisée dans toute l’Afrique de l’ouest et centrale, se vend à un prix très élevé. A Libreville, elle peut dépasser les 3.000 FCFA/kg de poids vif. Un mâle adulte atteint les 4 kilos à l’âge de 10-12 mois.
Il est peu exigeant en ce qui concerne son alimentation. Essentiellement herbivore, sa ration journalière consiste en 80 % de fourrage (Penicetum purpureum, Panicum maximum, Brachiaria spp, Paspalum spp.) complété par un supplément d’engraissage constitué par des sous-produits agricoles dont le maïs (épis, spathes, rafles et graines), des tubercules (igname, patate douce, manioc), coeur de palmier, noix de palme feuilles d’ananas et canne à sucre.
Les aulacodes étant des animaux indigènes, ils sont parfaitement acclimatés à l’environnement africain et sont donc beaucoup plus résistants à la plupart des maladies que beaucoup d’animaux domestiques (ex. lapin).
Leur élevage peut se faire au sol, en construisant leurs enclos avec des matériaux traditionnels tels que le bois, le bambou, la paille et la terre rouge (argile). L’élevage peut aussi se faire dans des enclos de 1m x 2m x 1m de hauteur pouvant loger un groupe polygame de 1 mâle avec 6 à 8 femelles. Les enclos doivent être protégés du soleil par une toiture en paille ou en tôle, et bien ventilés.
Il est vrai que les aulacodes sont de véritables dévastateurs des cultures de maïs, canne à sucre ou arachide.
Cependant, s’ils peuvent être capturés jeunes, ils s’adaptent bien à l’élevage et peuvent constituer un apport régulier de viande très riche en protéines et une source de revenu complémentaire non négligeable pour les paysans qui veulent les élever.
Le fumier compost issu de l’élevage d’aulacodes peut être recyclé comme engrais organique pour les cultures ou comme source nutritive pour la pisciculture.
D’un point de vue alimentaire, l’élevage d’aulacodes peut être une source de protéines considérable, la teneur en protéines de sa viande étant plus importante que celle du poulet, du lapin ou du mouton.
L’aulacodiculture pourrait devenir une possible source d’emploi pour les jeunes gabonais au chômage vivant en milieu périurbain.
L’élevage d’aulacodes étant une activité profiteuse, elle pourrait être utile pour réduire les effets de pression de la chasse, en fournissant aux populations de la « viande de brousse » issue de l’élevage.
Cet aspect est d’autant plus intéressant dans certaines zones tampons autour d’aires protégées où la population est abondante et la chasse interdite. Cette activité pourrait constituer un atout très utile pour les initiatives de conservation en Afrique centrale.
PLANETE SANS SOUFFRANCES compte valoriser cette importante ressource de la faune africaine au profit des populations rurales ou périurbaines à travers l’installation d’un mini-centre d’élevage dans la zone rurale de MOM, au Cameroun.
Cette activité suscite un intérêt croissant chez les camerounais : plusieurs éleveurs intéressés, après avoir démontré leur motivation en construisant l’enclos, reçoivent une formation à PSS, où ils achètent quelques animaux afin de tester leur nouvelle technique d’éleveur.
Afin de développer l’intérêt environnemental de l’élevage d’aulacodes, des collaborations ont été initiées entre PSS et d’autres associations nationales, dans le but de mettre en place des programmes de vulgarisation d’aulocodiculture parmi les populations.



Comment faire une étude de marché?
20 août, 2007, 16:05
Classé dans : fiches techniques

Comment réaliser une étude de marché ?

Vendre quoi, où, comment et à qui ? Une étude de marché doit répondre à ces différentes questions. L’enjeu est important : il s’agit de valider un projet d’entreprise, en identifiant votre cible, en évaluant la concurrence et en définissant votre stratégie de commercialisation. C’est aussi une bonne façon de se rassurer…

étude de marché doit répondre à ces différentes questions. L’enjeu est important : il s’agit de valider un projet d’entreprise, en identifiant votre cible, en évaluant la concurrence et en définissant votre stratégie de commercialisation. C’est aussi une bonne façon de se rassurer…

Connaître et comprendre son marché. L’étude de marché reste une affaire de bon sens. Le terme peut inquiéter l’apprenti entrepreneur. A tort, car c’est avant tout une façon de rassembler le maximum d’informations sur son secteur de projet. Il est tout indiqué de faire son étude soi-même : cela permet de se constituer en même temps un premier réseau.

Les questions à se poser : que va-t-on vendre et pourquoi ? (préciser le type de produit ou de service) ; A qui vendre ? (définir sa clientèle) ; Comment vendre ? (le mode de distribution) ; Quels sont les concurrents ? (leurs atouts) ; Comment estimer son chiffre d’affaire prévisionnel ? (nombre de clients, et de ventes, potentiels).

Comment y répondre : la méthode logique est de commencer par une recherche d’informations sur le secteur, puis de mener une enquête de terrain sur la (future) zone de diffusion du produit ou du service. N’hésitez pas à vous promener dans le quartier où vous pensez vous installer, à questionner les commerçants, à étudiez les concurrents et le flux des passants. N’hésitez pas non plus à rencontrer des concurrents potentiels, voire à leur demander des devis sur une prestation voisine de la votre ; rencontrez des clients potentiels.

Définir sa stratégie et ses actions commerciales. Forts de ces informations, vous pouvez commencer à bâtir votre offre. Elles ont peut-être révélé une concurrence importante : à vous de voir s’il existe des niches, ou la possibilité de développer des avantages ou une façon originale de se présenter. C’est la partie « boîte à idées » de votre étude. Qui permet d’affiner son offre, voire d’imaginer des nouveaux produits ou services.

Quels type d’actions commerciales ? Il en existe au moins trois : celles qui visent à attirer le consommateur vers le produit (la publicité) ; celles qui visent à « pousser » le produit vers le consommateur (promotion), et celles qui visent à établir un contact direct avec le consommateur (prospection, mailing).

Quelques messages. Voici un petit florilège d’idées et de conseils à mémoriser :

tout part de l’étude de marché : objectifs en terme de chiffre d’affaire, moyens à mettre en place, comptes prévisionnels, organisation pratique…

y consacrer le temps nécessaire : le nerf de la guerre ce sont les clients

deux approches: la recherche documentaire et les contacts directs

interroger le plus possible d’experts de son secteur d’activité

présenter son projet aux réseaux de création d’entreprise (CCI, boutiques de gestion) et aux clubs de créateurs

 

 



Tomate
20 août, 2007, 15:44
Classé dans : Agriculture

 

La culture de tomate sous abri

Plante et importance de la culture :

La culture de tomate ( Lycopersicon exculentum Mill ) appartient à la famille botanique des solanacées et est originaire de l’Amérique du Sud. C’est une plante annuelle dont la partie consommée est le fruit mûr. Les fleurs sont parfaites. Pour une meilleure production, la pollinisation doit être assurée par les bourdons (4 ruches/ha). Le légume présente une bonne valeur nutritive; il est riche en P, vitamine A et C. La tomate a une influence propice sur le fonctionnement des reins et de l’appareil digestif.

Préférences pédo-climatiques :

La tomate est une plante de saison chaude. Le zéro de germination est de 12 °C. L’optimum de la croissance des racines est de 15-18 °C. En phase de grossissement des fruits, l’optimum de la température ambiante est de 25 °C le jour et de 15 °C la nuit. Les préférences en types de sol sont très larges. Le sol doit être bien aéré et drainant. L’asphyxie racinaire, même temporaire est préjudiciable à la culture. La teneur en matière organique du sol doit être assez élevée (2-3 %) pour obtenir de bons rendements. Le pH optimal du sol est de 5,5- 6,8. La culture tolère la salinité et le bore. Elle répond bien à un apport de Zinc en cas de carence en cet élément.

Variétés, semis et plantation :

Les principales variétés utilisées sont Daniela (de Hi-Tech) en cas d’absence de nématodes ; Gabriela (de H- Tech) en cas de présence de nématodes. D’autres variétés sont disponibles sur le marché: Madrila (Agrimatco); Clx, avec différents numéros (Clause)… Les variétés sont en perpétuelle évolution; il est recommandé de suivre cette évolution sur le marché afin de bénéficier des nouveautés des obtenteurs.

La propagation est sexuée, par graine. Le semis se fait en pépinière. Le nombre de graines par gramme de semence est de 250-350. La pépinière doit être abritée (tunnel delta 9 ou Socodam; serre canarienne…). Il est conseillé d’utiliser les plateaux alvéolés pour réaliser le semis (7 x 11 = 77 mottes/plateau et 300 plateaux/ha). Le sol est d’abord couvert par un paillage plastique, en préférence noir ou vert afin d’éviter les mauvaises herbes et la contamination des racines des plantules par le sol. Après remplissage des alvéoles par de la tourbe, le semis est effectué avec précision à raison d’une graine par alvéole ; il est recommandé de couvrir les plateaux, initialement disposés en bandes jumelées, par un film plastique transparent fin (20 microns). Ce plastique sera enlevé après la germination des semences.

Durant la période de germination- levée, les soins donnés aux plantes sont les suivants : arrosages à l’eau claire (tiède en préférence dans les régions continentales), pulvérisation d’engrais foliaires et traitements contre les ennemis de la culture (fongicide et insecticide). Une surveillance particulière des rongeurs (souris et rats) doit être effectuée depuis le semis à la levée ; la dose de semis doit être majorée en cas de présence des rongeurs dans l’exploitation (utilisation de 80 à 100 g de semence / ha de terrain).

La pollinisation nécessite l’installation de 4 ruches/ha de bourdons en période florale et durant les cueillettes. Pour la plantation, dès l’installation de la pépinière, il faut commencer à préparer le terrain pour recevoir les plantules. Le terrain doit être labouré, nivelé et désinfecté en cas de présence de nématodes (si le seuil des nématodes dans le sol n’est pas dangereux, la désinfection est à éviter puisqu’elle coûte cher et est préjudiciable à l’environnement en cas d’utilisation du Bromure de Méthyle). Différents autres désinfectants du sol sont disponibles (solarisation, métam sodium, némacur…). Afin de la rapprocher d’une zone de production précoce, il est nécessaire de faire des sacrifices de dépenses supplémentaires en matière d’écrans thermiques et de double protection par des tunnels nantais sous serres canariennes ou sous grands tunnels delta 9 et Socodam. Ces dispositifs de protection physique sont possibles et faisables dans ces régions. La période de plantation est Juillet- Août. La culture peut être prolongée jusqu’au mois de Mai- Juin de l’année d’après. La densité de plantation est de 22.000 plants/ha sous grands tunnels et de 16.000-18.000 plants/ha sous serre canarienne (perte de terrain sous les gouttières). L’arrangement des plantes sur le terrain est de 1 m x 0,3 m.

Irrigation :

Sous abri, il est conseillé d’utiliser le goutte-à-goutte. L’irrigation doit être continue. Il faut éviter les à-coups d’apports d’eau afin de sauvegarder la vigueur des plantes et la qualité des fruits formés. Les besoins en eau de la culture peuvent être couverts par des apports de 25 % des besoins globaux durant la phase végétative, 50 % durant le pic des cueillettes et 25 % à la dernière phase de la culture. Le sol doit être toujours porté à sa capacité au champ. Une erreur dans la conduite de l’irrigation provoque l’éclatement des fruits. Avec un équipement supplémentaire (pompe doseuse et bacs), il est facile d’introduire la fertigation dans l’exploitation. Les apports d’eau et des éléments minéraux seront assurés avec une cadence permettant à la culture de se développer convenablement ; les pertes de fertilisant par lessivage seront également portées à leurs minima.

Fertilisation :

Un apport de fond comprend 50-60 T/ha de fumier et une fumure minérale dont les doses doivent être déterminées en fonction de la richesse du sol ; généralement on apporte 100 kg N/ha + 200 kg P2O5/ha + 250 kg/K2O. En couverture, par quinzaine, les apports sont les suivants: en phase végétative, 50 kg N/ha avec un équilibre de N-P2O5-K2O de 1-0,5-0,9. En période de début floraison, l’apport est le suivant: 30 kg N/ha avec un équilibre de 1-0,4-1,2. En période de cueillettes, l’équilibre suivant doit être adopté: 1-0,3-(1,8 à 2) avec une dose de N de 30 kg/ha. Au cours de la culture, des pulvérisations d’engrais foliaires doivent être appliquées régulièrement tous les mois ou en cas de nécessité. Lorsque la fertigation est utilisée, les mêmes doses peuvent être apportées en les divisant par 15 jours afin de les adapter aux apports quotidiens.

Rythme d’absorption des éléments nutritifs par la tomate industrielle:

Tableau du rythme d’absorption (mg/plante/j), selon Cornillon et Auge, 1990.

Phase N P K Ca Mg
Apparition des 1ers bouquets 2,45 0,24 1,65 2,12 0,23
Floraison 2ème bouquet 40,4 6,7 68,1 37 6,9
Taille de la tige principale 75,4 15,4 161,9 43,6 9,9
Début récolte 14,9 0,8 20 16,4 1,7
Fin récolte précoce 53,3 15,4 148,7 50,4 10,1
mi récolte 118,7 19,5 163,2 76,1 11,3
Arrêt de la taille 31,7 1,9 61,8 0,1 4,2
Récolte tardive 200 28 234 321,5 41
Fin récolte 60,4 32,1 103,7 48,7 5,8

Fertigation :

Les mêmes règles de calcul de fumures et d’interprétation des analyses de sol sont appliquées. Les rythmes d’absorption des éléments nutritifs aident à la détermination des doses d’engrais à apporter par phase de croissance ou de développement de la culture. Les normes d’EC de la tomate industrielle s’appliquent aussi pour la tomate fraîche de serre.

Principaux ennemis de la culture et méthodes de lutte :

Il faut surveiller les nématodes, les taupins, les vers gris, les pucerons, la mineuse, les acariens en temps chaud, les maladies cryptogamiques et la bactériose. Les traitements phytosanitaires doivent être appliqués d’une manière préventive afin d’éviter l’attaque de tout agent pathogène. Il faut, cependant éviter l’excès afin de sauvegarder l’environnement et d’économiser les charges. Les produits phytosanitaires doivent être alternés afin d’éviter le phénomène d’accoutumance aux ennemis de culture.

Autres soins :

Les soins donnés à la culture protégée sont le remplacement des manquants après plantation, le palissage des plantes en laissant une longueur suffisante de la ficelle en bobine pouvant servir par la suite au couchage, la taille (pincement, ébourgeonnage), le désherbage, le buttage surtout en cas d’attaque modérée des nématodes.

Récolte, manipulation du produit et conditions d’une bonne conservation :

La cueillette peut être échelonnée sur six mois (Novembre à Mai). Les fruits cueillis doivent être manipulés avec soin afin d’éviter leur blessure. Le rendement varie de 120 à 150 T/ha selon la qualité de l’entretien consacré à la culture. En cas de culture d’arrière saison sous abri, arrêtée en Décembre pour être suivie d’une autre culture (Haricot vert ou melon), le rendement dépasse rarement 50 -60 T/ha. En ce qui concerne la conservation, il faut rappeler que la tomate produite sous abri doit être vendue en frais. Lors d’un transport à une région lointaine, il est conseillé d’entreposer les fruits dans un local frais (8-10 °C et 90 % HR) en attendant l’expédition.

Région/mois

Février

Mars

Avril

Mai

Total

mm d’eau/mois

50

80

110

120

360

Pour une densité de peuplement végétal de 18000 plants par ha et deux orifices par plant, avec un débit de 1 litre/h/orifice et un espacement de 20 cm entre orifices et 40 cm entre plants dans le rang, une irrigation d’une heure apporte 18000 x 2 = 36 000 litres = 3,6 mm ; le besoin en eau sera alors couvert par 360/3,6 = 100 irrigations moyennes. Ce nombre peut être réduit s’il pleut ou si la durée d’une irrigation dépasse une heure.

Par ailleurs, le cycle cultural du melon est de 110 à 120 jours, ce qui signifie qu’on peut irriguer quotidiennement depuis la plantation jusqu’à la maturation. Durant la phase « maturation- récolte », la dose d’irrigation doit être réduite afin d’améliorer la qualité des fruits et leur teneur en sucres.

Distribution des éléments nutritifs durant le cycle cultural:

La plantation a lieu début Février. La croissance et la production de biomasse végétative occuperont ce mois et se poursuivront durant quelques jours du mois de Mars. Ce dernier sera le mois de floraison, nouaison et début fructification. Durant le mois d’Avril, la fructification et le grossissement des fruits seront effectués, ainsi que la ramification des plantes et la production de biomasse végétative. Durant le mois de Mai, la maturation des fruits de la première vague de fructification, leur récolte ainsi que le grossissement des fruits de la 2 ème vague auront lieu. Chacune des phases précitées sera caractérisée par des exigences particulières en éléments nutritifs. En effet, après plantation et juste après la reprise des plants, ceux-ci doivent subir un léger stress hydrique ou salin afin de favoriser le développement de leur système radiculaire en profondeur ; l’utilisation d’une solution nutritive à EC relativement élevée (1,8 à 2 g/l, sans dépasser 2 g/l pour le melon qui ne tolère pas la salinité) pendant le début de la phase végétative favoriserait le développement radiculaire de la plante. Cette phase végétative exigera plus d’azote et de phosphore que de potasse. La phase de reproduction demande une solution nutritive équilibrée (sans excès de N), pas trop saline, riche en P. La phase de grossissement des fruits exige plutôt une solution nutritive plus riche en K qu’en N et P. Le raisonnement de la distribution des doses de NPK le long du cycle cultural considère à la fois les rythmes d’absorption des éléments nutritifs par la plante et les risques d’anomalies possibles quant au retard d’apport de N (coulure des fleurs et retard de maturation des fruits), de P (retard de floraison et perte de précocité) ou du déséquilibre d’apport de K, Ca et Mg (obtention du petit calibre des fruits ; risque de nécrose apicale, anomalie de coloration et de broderie du tégument du fruit). Le tableau suivant donne une distribution raisonnée des éléments nutritifs, respectivement pour N-P2O5-K2O:

Kg/ha/mois

Février

Mars

Avril

Mai

Total

Phases

végétative

Floraison

nouaison

Fructification

grossissement

Grossissement

Récolte

Chevauchement

des phases

Par exemple, la faible dose calculée de K2O ne permet pas de respecter l’équilibre « théoriquement souhaitable » entre éléments : (1-0,7-1) en phase de végétation et (1-0,3-2) en phases de grossissement et de pré-récolte. Ces équilibres sont plutôt utilisés en hydroponique. En fertigation sur sol, celui-ci joue un rôle tampon et la notion d’équilibre prend moins d’importance que celle des besoins de la culture en éléments nutritifs et de distribution de doses d’apport d’engrais.

Calcul des engrais et leur distribution le long du cycle cultural :

En fetigation, en général, on utilise les engrais suivants pour leur disponibilité sur le marché : MAP (11% N ; 55% P2O5 ; 60 % de solubilité) ; Ammonitrate (33% N; 190 % de solubilité) et sulfate de potasse (48% K2O; 10 % de solubilité). On commence par le calcul de P à partir du MAP ; celui-ci apporte aussi N qu’on retranche des apports. On recalcule la dose de N et par conséquent la dose d’Ammonitrate et on termine par le calcul du sulfate de potasse. Le tableau suivant donne la distribution des engrais (chiffres arrondis pour une facilité de pesée de l’agriculteur:

Si l’on tient compte de la salinité de l’eau d’irrigation (0,6 g/l pour l’exploitation de Tafilelt et 0,1 g/l pour Meknès, les concentrations finales des solutions nutritives filles seront données par le tableau suivant :

Les concentrations salines, relativement fortes et stressantes, utilisées en Février (1,8 g/l) seront favorables à l’enracinement profond de la culture. La production de la biomasse végétative serait en équilibre avec celle des racines, ce qui est très important, surtout pour une culture conduite sous tunnels plastiques en période froide. Les agriculteurs procèdent, en général, en stressant les plantes par un retard de la 2ème irrigation qui suit celle de la plantation. En Mars, les conditions climatiques sont en général favorables pour une croissance végétative rapide. Il faut éviter que cette croissance soit excessive par rapport à celle des racines; une EC moyenne de 1,1 à 1,3 g/l s’impose pour piloter la fertigation. En Avril, il y a un chevauchement des productions des biomasses végétative, radiculaire et des fruits de la première vague de fructification. EC ne doit pas être élevée.

C’est ainsi que durant les trois premiers mois, Février, Mars et Avril, les solutions nutritives peuvent être apportées quotidiennement avec l’eau d’irrigation. Au mois de Mai, par contre, les valeurs des concentrations semblent être faibles alors que la culture est en phase de grossissement des fruits; une EC élevée de 1,8 à 2,2 g/l est plutôt favorable à la concentration des sucres dans les fruits. Il n’est donc pas recommandé de ferti-irriguer quotidiennement en Mai. La fertigation pratiquée une fois par semaine serait plutôt bénéfique.

Estimation du volume du bac nécessaire pour faire le mélange des engrais:

Pour déterminer ce volume, on se basera sur le mois pendant lequel les apports d’engrais sont les plus élevés, c’est le mois de Février pour T (apport de 590 kg) et Mars pour M (apport de 970 Kg). Le tableau suivant donne les solubilités des engrais utilisés et les volumes d’eau nécessaires à leur solubilisation:

Calcul du taux d’injection correspondant à une concentration optimale:

Le taux d’injection auquel sera réglée la pompe doseuse est déterminé selon la valeur souhaitée de EC de la solution nutritive fille.

En effet, pour EC = 1,18 g d’engrais/l d’eau = 1,18 Kg/m3 d’eau (valeur souhaitable pour Tafilelt en Février), le taux d’injection de la pompe doseuse est calculé de la manière suivante :

L’objectif est de 1,18 kg d’engrais ———– à 1 m3 d’eau

Le calcul a donné 21 kg (par jour) ———— à V= 21/1,18 = 17,8 m3 d’eau

Le volume de la solution mère de 25 l doit être injectée dans 17,8 m3 d’eau pour fabriquer la solution fille.

Le taux d’injection est donc de 25 l/(17,8 x 1000 l) = 1,4 pour mille

L’objectif en Mars est une EC = 1,21 g d’engrais/l = 1,21 Kg d’engrais/m3 d’eau. Les engrais solubilisés par ha et par jour sont de 31,3 Kg et le volume de la solution mère est de 166,72 litres. La règle de 3 est posée de la manière suivante:

L’objectif = 1,21 kg ———– à 1 m3 d’eau

Le calcul a donné 31,3 kg d’engrais (par jour) ———— à V= 31,3/1,21 = 25,9 m3

Le volume de la solution mère de 166,72 l doit être injectée dans 25,9 m3 d’eau pour avoir la solution fille.

Le taux d’injection est donc de 166,72 l/(25,9 x1000 l)= 6,44 pour mille

Temps de vidange du bac:

Une irrigation dure 1 h et apporte 36.000 litres d’eau.

* Pour apporter 17,8 m3 d’eau = 17800 litres,il faut un temps de 17800/36000= 0,49 h = 30 minutes.

* Pour apporter 25,9 m3 = 25900 litres d’eau , il faut un temps de 25900/36000 = 0.72 h = 43,2 mn.

Une fois la fertigation est déclanchée, le bac de 25 litres sera vidé en 30 mn (T)

celui de 166,72 litres (M) sera vidé en 43 minutes

selon les taux d’injection respectifs de 1,4 et de 6,4 pour mille.

Mélange des engrais:

Tous les engrais utilisés peuvent être mélangés en même temps puisqu’il n’y a pas de d’incompatibilité entre eux.



Melon et Pastèque
20 août, 2007, 15:26
Classé dans : Agriculture

MELON et PASTEQUE

Spécificités de la nutrition hydrique et minérale :

Cas de la culture de melon:

Le melon est exigent en sol bien drainant, de texture moyenne, bien travaillé en profondeur. Il est sensible à la salinité et aux carences en Mg, Mn, Fe et Mo. La demande de la plante en éléments nutritifs est accélérée à la nouaison. Pour un rendement de 40 T/ha, le melon exporte les quantités suivantes: 250 kg/ha de N + 140 kg/ha de P2O5 + 400 kg/ha de K2O + 400 kg/ha de CaO + 80 kg/ha de MgO. De grandes anomalies de floraison (mâle et femelle) et de nouaison apparaissent en cas de mauvaise alimentation azotée, phosphatée, potassique et magnésique. La potasse améliore la qualité des fruits (taux de sucre, calibre, résistance au transport). L’alimentation hydrique doit être uniforme pour le melon, sans à-coups. On irrigue à 100 % ETM le long du cycle cultural; tous les stades sont critiques: mi croissance, floraison, nouaison et grossissement. En général, on calcule la dose d’irrigation en se basant sur un coefficient cultural constant (Kc= 0,75), qu’on multiplie par l’évapor- transpiration de référence Et° de chaque jour.

La fertilisation de la culture doit être raisonnée en prenant en considération le fait que la croissance végétative, la formation des racines et des ramifications peuvent avoir lieu en même temps que la floraison, nouaison, fructification et grossissement des fruits. Une mauvaise alimentation de la culture en eau et en éléments nutritifs risque de déséquilibrer la plante qui réagit, soit par une coulure de ses fleurs, soit par avortement de ses fruits, soit par une autre anomalie de grossissement ou de maturation des fruits.

Cas de la culture de pastèque:

La pastèque est moins exigeante en eau que le melon, mais la production n’exprime ses potentialités maxima qu’avec 11 ou 12 irrigations par cycle cultural ; le pic d’exigence en eau se situe entre la 3 ème et la 7 ème décade après semis ; celui-ci est direct, en poquets ; la plante ne tolère pas la transplantation à racines nues. La culture tolère l’acidité (pH 5-6,8) et exige un travail profond de sol, pouvant permettre aux racines d’explorer un volume de sol de plus d’un mètre de diamètre. Plus le système radiculaire est profond et ramifié, plus la plante tolère la sécheresse, en particulier en période post florale.

Pour une production de 60-70 T/ha, la culture exporte kg/ha de N ; kg/ha de P2O5 ; kg/ha de K2O ;

Echantillonnage du sol :

Avant de fertiliser un sol, il est recommandé d’en prélever des échantillons représentatifs et de les envoyer à un laboratoire spécialisé pour les analyser et déterminer les réserves nutritives qu’ils contiennent, la fertilité du sol et les anomalies alimentaires susceptibles de gêner la nutrition de la culture. Un échantillon mal prélevé ou non représentatif sera interprété selon les résultats de l’analyse qui risquent de ne pas refléter la réalité du terrain. Il est donc recommandé de laisser le soin aux techniciens spécialistes pour faire le prélèvement du sol.

La procédure est grossièrement la suivante: on fait une cartographie générale du sol afin de déterminer les différentes zones du terrain. Ces zones sont généralement connues par l’exploitant. En marchant sur le terrain, un connaisseur sent les différences entre ces zones. Chaque zone fera l’objet d’un prélèvement indépendant d’une autre zone. Selon sa taille, un à deux échantillons doivent suffire pour représenter la zone. Chaque échantillon fera l’objet d’une dizaine de prélèvements, effectués à différents endroits choisis au hasard et à différentes profondeurs du sol. Ces profondeurs dépendent de la nature de la culture. Pour le melon, une profondeur de 30 cm suffit. Pour la pastèque, on fait des prélèvements sur une profondeur de sol de 40-60 cm. On mélange ensuite les prélèvements dans une grande bassine et on en prélève une quantité de 1 kg de sol; c’est le premier échantillon. On refait la même chose pour former le 2ème échantillon. Puis on passe à la zone suivante et ainsi de suite jusqu’à ce que le terrain soit entièrement représenté. On prend le soin de mettre une étiquette à l’intérieur du sachet plastique qui contient l’échantillon de 1 kg de sol. Une autre étiquette est collée à la surface du sachet. Un croquis des zones du terrain doit être fait, en représentant les points des prélèvements et les numéros des échantillons qui correspondent aux zones du terrain. En général, les résultats des analyses des répétitions par zone doivent se ressembler sinon, il y a certainement une erreur, soit de prélèvement, soit de marquage sur le croquis, soit, mais rarement, de l’analyse chimique. Il est recommandé de faire le minimum de zones sur une parcelle donnée afin de faciliter l’élaboration des plans de fumures ; l’idéal est d’arriver à l’élaboration d’un seul plan de fumure par parcelle.

Interprétation générale des analyses de sol :

Granulométrie et teneur du sol en calcaire:

Elle est indispensable pour apprécier et interpréter la plupart des données des analyses. La répartition granulométrique de la terre fine permet de classer les sols en argiles, limons et sables. Différents qualificatifs peuvent être ajoutés, exemple: sol argilo- limoneux calcaire (si le sol contient 700 g/kg de limon + 300 g/kg d’argile, avec un dosage de 5 à 30 % de calcaire total). Un sol qui dose moins de 5 % de CaCO3 n’est pas calcaire. S’il en dose plus de 10 %, il est calcaire; il faut analyser alors le taux de calcaire actif.

Plus le sol est calcaire, plus l’absorption du fer et du manganèse est inhibée (jaunissement des feuilles et nécrose). Il y a de grandes différences de tolérance au calcaire entre cultures: le fraisier n’est pas tolérant ; son seuil maximal de tolérance est de 70 g CaCO3/kg de sol, soit 7 %; l’artichaut tolère plus de 150 g de CaCO3/kg de sol, soit plus de 15 % ; le melon présente une faible tolérance de moins de 10 %. La pastèque tolère encore moins le calcaire que le melon ; il vaut mieux éviter la culture de pastèque sur un terrain calcaire.

Le pH (potentiel hydrogène ; acidité ou alcalinité du sol):

Pour les sols cultivés, le pH est compris entre 4 (très acide) et 9 (très alcalin). Le laboratoire donne deux pH: à eau et à KCl. Ce dernier est toujours inférieur au premier. Dans les sols très acides, la différence est de 1 unité (exemple: pH eau = 5,5; pH KCl = 4,5). En général, il y a 0,5 unité de différence entre les 2 pH. Si l’écart entre les 2 pH est inférieur à 0,5, il faut se méfier de la salinité; le sol contient alors une grande quantité d’éléments solubles. Les pH trop élevés doivent être réduits par des apports de soufre (1-2 q de S/ha) lors de la culture. Des pH trop bas doivent être corrigés par des apports de chaux et amendements calciques et magnésiens. Le melon et la pastèque n’exigent pas de tels apports de chaux, en général. En cas de pH très bas et de faibles teneurs du sol en Calcium (moins de 5000 ppm Ca++), le risque de nécrose apicale est élevé sur les fruits ; il est alors recommandé de faire deux à trois pulvérisations foliaires de calcium (nitrate de calcium 5% ; Ret- Ca ou autre produit riche en calcium).

La salinité:

C’est la quantité de sels minéraux qui se trouvent dissous dans la solution de sol. La salinité varie avec la teneur en eau d’un sol et avec la température. Un sol sec (avec une même quantité de sel) est plus salin qu’un sol humide (sel dilué). A froid, les ions ne se déplacent pas aussi rapidement en solution de sol qu’à haute température. Dans un milieu chaud, le risque de salinité est plus élevé qu’en milieu froid. Au laboratoire, les mesures se font à 20 °C. On mesure la résistivité ou la conductivité de la solution: plus la salinité est élevée, plus la solution conduit l’électricité, plus la conductivité électrique (EC) est élevée. Pour les mesures, on utilise les unités suivantes: g de sels/litre d’eau ou de solution de sol diluée au 1/5 ème ; dS/m (désiemens/mètre) = mmhos/cm (millimohs/cm). La relation entre le millimohs/cm et le g/l dépend de la nature du sel. Pour le NaCl, par exemple, 1 millimohs/cm = 0,6 g/l ; pour un mélange de sels, 1 millimohs/cm = 0,8 à 0,9 g/l. Un sol sableux contient beaucoup moins d’eau à sa capacité au champ qu’un sol argileux; une EC de 1 mmhos/cm présente déjà un risque pour un sol léger alors qu’elle ne présente aucun problème pour un sol argileux. La matière organique augmente la capacité au champ d’un sol. Plus la MO d’un sol est élevée, plus ses réserves en eau augmentent, plus le risque de salinité est affaibli par dilution.

Rapports souhaités entre K, Ca et Mg du sol:

Effet du calcaire :

Le calcaire réduit la disponibilité de la potasse et de la magnésie aux plantes. En présence du calcaire, il est recommandé de majorer les apports de potasse et de Mg. De même, l’argile fixe le potassium et le rend moins disponible aux plantes. Plus le sol est argileux, plus l’apport de K doit être majoré.

En terre calcaire, il est souhaitable que la teneur du sol soit de l’ordre de 10 mg K2O/ % d’argile, exemple: un sol de 25 % d’argile, doit contenir 10 x 25= 250 mg K2O/kg= 250 ppm K2O. Un tel sol calcaire qui contient 250 ppm de K2O est bien pourvu en cet élément; il est recommandé de ne pas y faire d’apport potassique pour le redressement de sa fertilité ; on le fera pour restituer les exportations minérales de la culture.

En terre non calcaire, la teneur souhaitable de K2O dans le sol doit être de l’ordre de 7 mg par pourcentage d’argile (exemple: un sol de 25 % d’argile, doit contenir 25 x 7= 175 ppm K2O (mg par kg de terre sèche)

Effet de Mg :

La teneur du sol en Mg doit être en équilibre avec celle du potassium. Si la teneur du sol en potasse est normale, celle en Mg sera jugée selon le rapport K2O/MgO qui doit être de 0,33 à 1 (pour chaque unité de K2O, un sol équilibré doit doser 1 à 3 unités de MgO). Un sol qui contient 100 ppm K2O, par exemple, serait équilibré s’il contient aussi 100 à 300 ppm MgO. Un rapport plus faible que 0,33 signifie un excès en Mg; cet excès risque de bloquer l’absorption de K et de Ca par les plantes. Il faut alors majorer les apports potassiques et calciques. Un rapport plus élevé que 1 signifie une carence induite en Mg. Il faut alors majorer l’apport de Magnésium. Lorsque le calcul donne une forte quantité de K2O ou de MgO à apporter pour corriger l’équilibre, il est préférable de limiter l’apport afin qu’il soit économiquement tolérable par la trésorerie de l’exploitant et de procéder à l’apport de l’élément déficitaire par deux ou trois pulvérisations foliaires.

Effet de Ca :

La teneur optimale du sol en CaO est de l’ordre de 5000 à 7000 ppm pour les cultures maraîchères. Une teneur inférieure à 5000 ppm CaO provoque un désordre physiologique comme la nécrose apicale de la tomate, melon ou pastèque, par exemple. Une teneur supérieure à 7000 ppm CaO doit être interprétée par rapport aux teneurs du sol en K2O et MgO. Pour des teneurs normales du sol en K et Mg, la teneur en Ca sera jugée selon le rapport MgO/CaO qui doit être de 0,08 à 0,1 (pour 1 unité de MgO, le sol doit contenir 10 à 12 unités de CaO). Un rapport inférieur à 0,08 signifie un excès en Ca ; il faut alors corriger le sol en majorant les apports en K et Mg. Un rapport supérieur à 0,1 signifie une carence induite en Ca, à corriger soit par un apport de chaux au sol s’il n’est pas calcaire soit par des pulvérisations foliaires à base de calcium si le sol est calcaire.

Considération sociale et économique :

Le contexte social de l’exploitation doit être pris en considération lors du raisonnement des plans de fumures. En effet, on ne recommande pas à un exploitant de redresser la fertilité de son terrain d’un faible niveau à un niveau relativement élevé en une seule année, surtout si le terrain ne lui appartient pas et n’est qu’un terrain de location, par exemple. Le redressement de la fertilité du sol prendra aussi en considération le degré d’intensification de la culture ; on peut se permettre de proposer de bien relever cette fertilité pour une culture sous serre puisque le coût supplémentaire des engrais ne représente pas une part élevée des charges, mais pour une culture de saison, de plein champ, de faibles productivité et revenu, toute élévation des coûts des intrants marque une augmentation sensible du coût de production sans qu’elle ne soit certainement suivie d’une amélioration du revenu qui dépend plutôt de facteurs commerciaux, non techniques. Par conséquent, il n’est pas recommandé de relever fortement la fertilité du sol dans des conditions de faible intensification culturale.

Teneur en phosphore:

La teneur souhaitable, en général, est de l’ordre de 70 mg P2O5/kg de terre sèche. Pour les cultures de saison, de plein champ, peu intensives, on se contente d’une teneur de 50-60 ppm P2O5; c’est le cas du haricot vert, melon, pastèque, concombre et pomme de terre. Pour les cultures relativement plus intensives, de cycle biologique plus long, la teneur souhaitable est de l’ordre de 70-80 ppm P2O5 ; c’est le cas de la tomate, du poivron et de l’aubergine. Pour les cultures de primeurs, sous protection plastique, la teneur souhaitable de P2O5 doit être relativement plus élevée : 70 ppm P2O5 (melon, pastèque et concombre) à 100 ppm P2O5 (tomate).

Exemples de calcul des fumures :

A- Cas d’un sol T:

Pour le melon et pour une production de 40 T/ha, les besoins en N, P2O5 et K2O s’élèvent respectivement à 300, 140 et 400 kg/ha.

L’analyse de sol d’une exploitation donne les teneurs suivantes: 20 % d’argile, 18 % de calcaire, 7 % de calcaire actif, pH 8, EC 0,5 dS/m , 2 % de MO, 20 ppm P, 250 ppm K, 300 ppm Mg et 2000 ppm Ca. L’exploitant n’apportera pas d’amendement organique. La culture de melon est conduite en plein champ, en saison normale.

* MO: pour le melon, la teneur satisfaisante est de 2,5 % MO. La teneur actuelle du sol en MO est donc légèrement faible (2%); il est recommandé de majorer les apports de N par 10 kg/ha pour chaque 0,1% MO de moins par rapport à la norme, soit 50 Kg N/ha pour un taux de MO de 2%. Les prélèvements par la culture, s’élevant à 300 kg N/ha, seront donc à majorer par 50, soit un apport nécessaire de 300 + 50=350 kg N/ha. Si l’agriculteur apporte une fumure organique, il faut estimer les quantités des éléments nutritifs qui seront libérées la première année par cette fumure et les retrancher des apports.

* P2O5: Le sol contient 20 ppm P, soit 2,29 x 20 = 45,8 ppm P2O5. La norme est de 60 ppm P2O5 pour une culture de saison, en sol calcaire. Il faut redresser la fertilité phosphatée du sol de (60 – 45,8) = 14,2 ppm, soit 14,2 kg de P2O5 par 1000 Tonnes de sol, soit 14,2 x 3 = 42,6 Kg P2O5/ 3000 T de sol (si le sol pèse 3000 T/ha sur une profondeur de 25 cm), soit 42,6 Kg P2O5/ha. Les exportations de la culture, s’élevant à 140 kg P2O5, seront majorées de 42,6 Kg P2O5 ; le total à apporter = 140 + 42,6=182,6, arrondis à 180 kg/ha de P2O5.

* K2O: Le sol dose 250 ppm K, soit 1,2 x 250 = 300 ppm K20; l’optimum est de 200 ppm (10 mg x 20 % d’argile, en sol calcaire). Il y a donc un excès de 100 ppm = 100 x 3 = 300 kg K2O/ha. Les besoins de la culture étant de 400 kg K2O/ha, l’apport = 400-300= 100 kg K2O/ha.

* MgO: la teneur de 300 ppm Mg (300 x 1,67 = 500 ppm MgO) semble être normale et le sol semble être équilibré puisque le rapport K2O/MgO= 300/500= 0,6 (compris entre 0,33 et 1). Aucun apport de MgO n’est obligatoire.

* CaO: La teneur de 2000 ppm Ca (1,4 x 2000 = 2800 ppm CaO) semble être faible puisque la norme est de 6000 ppm CaO et le rapport souhaitable MgO/CaO doit être égal à (0,08 à 0,1). Ce rapport est plutôt égal à 500/2800= 0,18. Puisque la teneur en Mg est normale, c’est la teneur en Ca qui est faible. Il est recommandé de faire deux à trois pulvérisations foliaires à base de calcium (nitrate de calcium, par exemple, en période post florale fort exigeante en Ca). Le sol étant calcaire, on ne peut pas recommander un apport de chaux au sol.

Les apports par ha seront donc de:

350 kg N + 180 kg P2O5 + 100 kg K2O + 2 à 3 pulvérisations foliaires Ca.

B- Cas d’un sol M:

L’analyse de sol d’une exploitation donne les teneurs suivantes: 52 % d’argile, 2 % de calcaire total, pH 8, EC 0,1 dS/m, 1,7 % MO, 5 ppm P, 95 ppm K, 550 ppm Mg et 2680 ppm Ca. L’exploitant n’apportera pas d’amendement organique et conduit sa culture de melon sous tunnels plastiques, en primeurs.

* MO: pour le melon, la teneur satisfaisante est de 2,5 % MO. La teneur actuelle du sol en MO (1,7 %) est donc faible; il est recommandé de majorer les apports de N par 80 kg/ha (10 Kg N pour chaque 0,1 % MO manquant par rapport à la norme de 2,5 % MO). Les prélèvements par la culture s’élèvent à 300 kg N/ha; ils sont à majorer par 80, soit un apport nécessaire de 300 + 80=380 kg N/ha.

* P2O5: Le sol en contient 5 ppm x 2,29 = 11,45 ppm P2O5. La norme est de 70 ppm pour le melon de primeur sous tunnels nantais. Il faut redresser la fertilité phosphatée du sol de (70 – 11,45 = 58,55 ppm P2O5), soit 58,55 x 3 kg P2O5= 175,65 kg P2O5/3000 T de sol/ha. Les exportations de la culture s’élèvent à 140 kg P2O5; le total à apporter = 140 + 175,65 = 315,65 arrondis à 315 kg/ha de P2O5.

* K2O: Le sol en dose 95 ppm x 1,2 = 114 ppm K2O; l’optimum pour le sol de Meknès est de 364 ppm (7 mg x 52 % d’argile, en sol non calcaire). Il y a donc un déficit de (364 – 114 = 250 ppm K20) = 250 x 3 = 750 kg K2O/ha. Les besoins de la culture étant de 400 kg K2O/ha, l’apport = 400 + 750= 1150 kg K2O/ha. Cette quantité semble être trop forte et trop chère pour un agriculteur ordinaire. Il est conseillé de faire le redressement de la fertilité potassique du sol en 3 ans, soit un apport annuel de 750/3 = 250 Kg K2O/ha/an. L’apport final lors de la première année sera donc de 400 + 250 = 650 Kg K2O/ha.

* MgO: la teneur de (550 ppm Mg x 1,67 = 918,5 ppm MgO) semble être excessive puisque la norme est (1 à 3 fois la teneur en K2O, soit 114 à 342 ppm MgO). Si l’on considère que le redressement de la fertilité potassique du sol est effectué (250 Kg K2O/ha/an, soit 250/3= 83 ppm K2O), la nouvelle teneur du sol en K2O serait de 114 + 83 = 197 ppm K2O; le taux souhaitable de MgO serait de 200 à 600 ppm MgO. Or, la teneur actuelle est de près de 920 ppm MgO ; elle est effectivement excessive. On s’attendra donc à des carences induites en potassium et en Calcium. Ces carences seront éventuellement corrigées par des pulvérisations foliaires en KNO3 et Ca(NO3)2.

* CaO: La teneur de (2680 ppm x 1,4 = 3752 ppm CaO) est faible puisque la norme est de 6000 ppm CaO et le rapport souhaitable MgO/CaO doit être de 0,08 à 0,1. Ce rapport est plutôt égal à 918,5/3752=0,24. La carence calcique est donc à la fois réelle et induite par l’excès de Mg. Puisque le pH du sol est élevé, il n’est pas recommandé de faire un redressement de fond du sol par un apport de chaux, mais plutôt un léger apport de nitrate de calcium (1 q/ha), en période post florale afin d’éviter la nécrose apicale des fruits.

Les apports par ha seront donc de:

380 kg N + 315 kg P2O5 +650 kg K2O + 100 Kg Ca(NO3)2

+ 2 pulvérisations foliaires KNO3.

Estimation des besoins en eau de la culture :

Le besoin en eau de la culture = ETM= Et° x Kc (coefficient cultural) ; Kc est supposé constant = 0,75 durant tout le cycle. Pour un cycle cultural de Février à Mai, le tableau suivant donne l’ETM de la culture pour les deux régions T et M:



Piment
20 août, 2007, 15:08
Classé dans : Agriculture

Le piment
Le piment ( à ne pas confondre avec le poivron )  ou si vous préférez le piment fort ( c’est chaud , c’est chaud, c’est chaud)

Description:

Le piment  ou  devait-on dire les piments se nomment en latin « Capsicum annuum » « Capsicum frutescens » et « Capsicum chinense » .  Le piment est originaire de l’Amérique du sud .
Le piment  est une solanacée vivace de courte durée dans son pays d’origine . Cependant, sous notre climat, elle est cultivée comme une annuelle.
Le piment est un légume-fruit

Semis:
Le semis se fait. de 8 à 10 semaines avant la mise en terre (quand tout risque de gel est passé et que les nuits sont de 12º C ).
Utiliser un terreau artificiel genre Pro-mix.
Les graines lèvent entre 10 et 14 jours  à une  température de 25º C à 30º C.
Repiquer profondément  en pot ou caissette après l’apparition des 2 vraies feuilles.
Repiquer une 2eme fois si le printemps est tardif.
.Mettre en pleine terre au jardin quand le sol est bien réchauffé vers la fin mai en zone 5 et début juin en zone 4.

Culture:
Le piment se cultive dans un sol léger, meuble, bien drainé et très riche en matière organique (vieux compost car le piment n’aime pas un surplus d’azote) ,  dans un endroit ensoleillé.
Plantation: comme le piment adore la chaleur , il faut attendre que tout risque de gel soit passé (quand les nuits sont de 12º C). Au moment de la plantation, j’incorpore dans le fond du trou un peu de compost bien mûr, 15 ml d’os moulus, 15 ml de cendre de bois , 15 ml de mycorhize  et un peu d’engrais naturel pour légume (l’engrais à tomate).  Comme pour les tomates et poivrons , j’enlève les 2/3 première feuille et j’enterre le plant de piment en angle de 45º jusqu’au feuillage avec un mélange de terre et  vieux compost. Je fait une légère cuvette au pied et pose un paillis puis j’arrose généreusement.

Trucs et Conseils:
Un bon truc si vous prévoyez partir 2/3 jours:  L’astuce de Denis Penaud .
La température idéal se situe entre 15º et 28º C pour assurer une bonne pollinisation. Même si  le piment « tolère » mieux les variation de température que le poivron , le piment est affecté par les températures inférieures à 12º C , ce qui cause une chute des fleurs.
Ne pas planter trop serré. En effet les plants ont besoin d’une bonne circulation d’air pour éviter les maladies.
Éviter d’arroser les feuilles mais plutôt arroser au pied du plant.
Le piment ne doit pas manquer d’eau.
Un peu d’algue liquide vers la mi-juin et début juillet.
Éliminer les feuilles malades ou jaunies.
Les piments sont très décoratifs et s’harmonisent très bien dans une plate-bande de fleurs (Oui oui c’est très jolie)
Se cultive merveilleusement bien en pot et bac. 
 

Maladie/Insecte: Parfois le piment est attaqué par la maladie ou les insectes: pourriture apicale ,  anthracnose ,  mildiou , pucerons
Peroxyde d’hydrogène
Compagnonnage:
asperge, aubergine, basilic, carotte, oignon, poireau, tomate

Multiplication:
Il est possible de récolter ses propres semences.
Conservation:
Au frigo le piment se conserve 1 semaine avant de perdre ses qualités gustatives et culinaires.
On peut aussi le congeler.
Et enfin on peut les faire sécher  et le broyer en petits morceaux ou bien le réduire en poudre (paprika et cayenne)

Cuisine:
Le piment s’utilise de plusieurs  façons mais avec modération (penser à vos invités). Moi j’adore les mets épicés alors…:  soupe, salade, sauce, salsa, omelette, chili, pâtes, et enfin nature pour les braves seulement !!!
Médicinal:
Grâce à la capsaïde le piment  est excellent pour soigner la grippe, rhumes et aide à prévenir les maladies cardio-vasculaires.
Le piment est antibactérien, antiseptique, diurétique, sudorifique et digestif
En usage externe il soulage l’arthrite, le rhumatisme et la dystrophie. (faire attention jamais sur une plaie)
Si on la bouche vous brûle en mangeant du piment ne pas boire de l’eau (l’eau accentue la douleur) mais plutôt du lait, du sucre ou du chocolat.

Quelques variétés:
  Piment Thaï Dragon : piment de 8 cm ,long et mince. Le plant produit plus de 150 piments. 8 fois plus fort que le jalapenos. Excellent pour la la cuisine asiatique.

  Piment Habanero :  petit piment rond vert, rouge ou orangé  est le plus fort des piments mexicains

Piment Serrano : petit piment  ronds et élancés de 3 à 4 cm de long , rouge, jaune ou brun à maturité. Le plant peut atteindre 1,5 m de hauteur.

Fumure de la culture du piment
La culture du piment comme toute culture maraichère nécessite beaucoup de soins dont une fumure appropriée surtout en culture pure.
Le piment demande effectivement une fumure appropriée pour ses besoins spécifiques, afinn de developper son plein rendement qui peut atteindre 7T/Ha en culture irriguée et bien fumée.
La fumure que nous vous conseillons est de le formule 40-30-30 c’est – à- dire 40 unités fertilisantes d’Azote, 30 de Phosphore et 30 de Potasse. comme vous le voyez, elle est différente de la formule 14-23-14-5-1 de l’engrais complexe proposé sur le coton dans notre pays.
Pour un Ha de piment, nous vouis copnseillons de faire un mélange homogène des engrais simples ci-après:
100 kg ( 2 sacs )d’urée dosant 46% soit 46 Kg ou 46 Unités fertilisantes d’Azote.
100 kg ( 2 sacs )de Phosphate bicalcique dosant 36 à 40% soit 36 Kg ou 36 Unités fertilisantes d’Acide Phosphorique.
50 kg ( 1 sac) de Chlorure de Potassium dosant 60% soit 30 Kg ou 30 Unités fertilisantes de Potasse.
Vous pouvez aussi utiliser :
200 kg ( 4 sacs ) de Phosphate d’ammoniaque apportant à la fois 35 à 40 Unités fertilisantes d’Azote et 80 Unités fertilisantes d’Acide Phosphorique.
1 sac de Potassium apportant 30 Kg de Potasse
En ce qui concerne une machine spécialisée pour la récolte du piment , pour le moment, il n’existe pas à nottre niveau un engin pour faire ce travail.


 



Pisciculture
20 août, 2007, 14:59
Classé dans : fiches techniques

Introduction

La pisciculture peut être définie comme l’élevage de poissons. Elle peut se pratiquer dans l’eau douce, saumatre ou dans l’eau de mer. Ici, on s’occupera seulement de la pisciculture en étang, du Tilapia nilotica, qui est un des principaux poïssons d’élevage en Afrique.

Un bassin de pisciculture est en fait une pièce d’eau qu’on peut remplir et vider selon les besoins. Pour cela, le bassin est muni d’une entrée d’eau et d’une sortie d’eau (le moine). La profondeur minimale de l’eau est de 50 centimètres. Même si le Tilapia peut vivre dans une eau fermée, il est nécessaire d’avoir une source d’eau apropriée pour maintenir l’eau du bassin au niveau voulu.

Quand un pisciculteur a plusieurs bassins groupés qu’il exploite économiquement, on peut parler d’une ferme piscicole. Dans ce cas il aura probablement différents types de bassins pour le stockage d’alevins, la reproduction et le grossissement, selon le type d’élevage qu’il veut pratiquer.

Le but principal de la pisciculture est la production d’un aliment riche en protéines pour la consommation locale. Ceci est très important pour beaucoup de villages éloignés ou il est difficile de trouver d’autre sources de viande ou de poisson. Le pisciculteur produit ses poissons sur place et peut nourrir sa famille correctement.

Il peut aussi vendre une partie de ses poissons et augmenter ainsi les revenus de la famille. Si l’on pratique une bonne méthode de fertilisation d’eau et d’alimentation, la pisciculture peut être très productive. La transformation de sous-produits agricoles en poisson est souvent plus favorable dans la pisciculture qu’en élevage de poules ou de porcs. Avec 3 kilos de tourteau de coton on produit en moyenne un kilo de Tilapia. Les meilleurs rendements obtenus dépassent 100kg de Tilapia par an et par are d’étang et cela non seulement dans les stations piscicoles mais aussi chez des pisciculteurs privés. Les rendements sont évidemment liés au savoir faire du pisciculteur et à la quantité et qualité des aliments dont il dispose.

Une méthode pour obtenir de bons rendements est l’élevage associé, dont on parlera plus loin. En fait il y a très peu de gens en Afrique qui ont comme seul métier la pisciculture. Ce n’est d’ailleurs pas le but recherché. Il faut chercher à intégrer la pisciculture dans la production agricole chaque fois que les circonstances le permettent.

De la récolte des cultures une partie va directement au paysan, une partie peut être utilisée par les canards ou cochons et les sous-produits peuvent être donnés aux poissons cu mis dans le compost. Le fumier des élevages est riche en élements nutritifs et quand il est mis dans l’eau, il va stimuler le développement du plancton. L’eau va devenir verte. le plancton est la nourriture naturelle du Tilapia nilotica. Grace aux sous-produits des cultures et au fumier de l’élevage, le paysan ajoute a ses revenus une bonne récolte de poissons, au bénéfice de sa famille.

On distingue trois niveaux de production dans la pisciculture. La méthode intensive, semi-intensive et extensive. Dans la pisciculture extensive, le poisson n’est pas nourri par le pisciculteur. Le poisson mange seulement la nourriture naturelle qu’il trouve dans l’eau. On peut aider le développement de cette nourriture naturelle (plancton) avec un compost. Les rendements seront moyens. La méthode intensive (ou industrielle) exige beaucoup plus d’effort de la part du pisciculteur. Ici, toute la croissance du poisson est due aux aliments distribués par le pisciculteur. Les rendements sont maximum. Le coût de l’alimentation est plus élevé, mais la recette le dépasse largement.

Le choix du site.

Avant d’entamer la construction d’un étang, il faut être sûr qu’on peut faire la pisciculture à l’endroit où on veut s’installer. Si on ne fait pas attention on risque de dépenser beaucoup d’énergie et d’argent pour un maigre résultat.

Quand on fait la prospection il faut envisager les points suivants:

- Disponibilité d’eau
- Un terrain en pente douce
- Un sol imperméable
- Accessibilité du terrain
- Un terrain exposé au soleil
- Possibilité de construire à moindre coût
- Possibilité de construire plusieurs bassins
- Disponibilité d’aliments pour le poisson
- Proximité du village.

Disponibilité d’eau.

Pour en tirer le maximum de profit il faut que l’étang puisse être en production pendant toute l’année. Il faut done une alimentation en eau pendant toute l’année. Il faut de l’eau pour remplir les étangs et pour maintenir l’eau à niveau. On doit compenser les pertes d’eau par évaporation et par infiltration. C’est pendant la saison sèche quand il y a peu d’eau, que les pertes sont grandes. Pour maintenir sous eau une pisciculture d’un hectare, il faut 2 à 5 litres d’eau par seconde. Ce débit d’eau est done à contrôler pendant la saison sèche.

D’autre part, il faut aussi vérifier s’il n’y a pas de risques d’inondation. Les gens qui habitent sur place sont les mieux informés. Ils savent s’il y a de grandes crues. On peut aussi vérifier les marques d’eau sur les berges et les ponts.

Il ne faut pas construire un étang où il y a des risques d’inondation. Non seulement on peut perdre tous les poissons, mais aussi les digues peuvent être emportées.

Un terrain en pente douce

Une pente douce de 2 à 3 % convient le mieux. On aura moins de terre à enlever pendant la construction et on pourra facilement mettre l’étang à sec. S’il n’y a pas de pente on aura des difficultés pour remplir ou pour vidanger l’étang. Une pente trop forte ne convient pas non plus. La digue en aval va être très grande, fragile et coûteuse pour seulement une petite superficie sous cau

Un sol imperméable

Le sol doit bien maintenir l’eau. Il ne peut done pas être trop sablonneux au graveleux. Il faut qu’il contienne suffisamment d’ argile. Pour tester rapidement si le sol convient on prend une polgnée de terre humide et on la pétrit en boule. Si en la manipulant quelques temps on s’aperçoit qu’elle reste bien en boule c’est que le sol convient. Il faut aussi contrôler en profondeur si le sol convient.

Une méthode très sûre est la suivante :
On creuse un trou de 60 à 70 cm et le matin, on le remplit d’eau. Le soir une partie de l’eau sera infiltrée. On remplit le trou de nouveau complètement. Si le lendemain matin la plupart de l’eau est encore dans le trou, on peut être sûr que le sol retient bien l’eau.

Accessibilité du terrain.

Un bon pisciculteur va tous les jours contrôler son étang. Il donne au moins une fois par jour à manger à ses poissons, chaque semaine il recharge le compost, il coupe les herbes sur les digues, etc… Il faut donc que l’étang ne soit pas trop loin de la case du pisciculteur et qu’il n’y a pas de barriéres infranchissables entre l’étang et la maison (rivière en saison de pluie, par exemple). Il est d’ailleurs conseillé d’habiter le plus près possible de son étang pour le surveiller contre les voleurs.

Un terrain exposé au soleil.

Le Tilapia aime les eaux chaudes. Il grossit et il se reproduit le mieux à une température de 22 à 23C°.

A 15C° la reproduction s’arrête et le grossissement sera très ralenti.

Il ne faut pas non plus que la température monte au dessus de 30C°, mais quand l’étang a une profondeur d’eau minimale de 50cm, il n’y a absolument pas de crainte à avoir.

Il y a une deuxième raison pour laquelle l’étang doit être bien exposé au soleil. C’est sous l’action des rayons solaires que le phytoplancton ou le plancton végétal se développe. Ce plancton forme l’alimentation naturelle de notre poisson. C’est le plancton qui colore l’eau de l’étang en vert. Si l’eau de l’étang est bien verte, c’est qu’il y a beaucoup de plancton. Ce plancton est l’alimentation de base de nos poissons.

Pour ces deux raisons on évitera done de laisser des arbres qui font de l’ombre sur l’étang et on enlèvera toute végétation flottante de l’étang (comme les néauphars).

Possibilité de construire à moindre coût.

On a déjà vu qu’on ne va pas construire un étang là oùla pente est très forte parce que la digue en aval devrait être très grande et donc coûteuse pour un étang de superficie réduite. (Pour chaque travail on compare l’effort nécessaire avec le bénéfice qu’on peut en tirer).

Si on a le choix on va done préférer un terrain découvert à un terrain plein de troncs d’arbres qu’il faut enlever avec toutes les racines. On va aussi choisir un terrain sans rochers ou gros cailloux.

Possibilité de construire plusieurs bassins.

Il est préférable de se grouper pour construire avec les autres villageois plusieurs bassins les uns àcôté des autres. Le travail fait en commun est moins lourd et la surveillance sera mieux assurée. En plus, si le pisciculteur exploite bien son premier étang il aura de bons résultats et cela lui donnera envic de construire un deuxième bassin. Quand on a plusieurs bassins on peut faire plus de vidanges et avoir du poisson pendant toute l’année. Il faut done prévoir un terrain assez grand et un débit d’eau correspondant à cette surface.

Disponibilité d’aliments.

Ce point devient très important quand on veut faire la pisciculture intensive, c’est-à-dire qu’on va apporter au poisson toute la nourriture dont il a besoin pour obtenir une croissance maximale,ou si on veut faire l’élevage associé avec des poulets, canards ou cochons à qui il faut apporter une alimentation complète. Dans ce cas il faut d’abord faire une étude du marché pour voir quels sous-produits agricoles sont disponibles àquel moment de l’année, quelle quantité et à quel prix.

Proximité du village.

Si l’on produit intensivement du poisson, on aura un surplus de poissons les jours de la vidange. La famille ne pourra pas consommer tout. Une partie du poisson devra etre vendue. Dans ce cas il est commode d’avoir le marché tout près. De poisson est difficile à conserver une fois qu’il est récolté. Il faut pouvoir l’écouler le plus vite possible à moindre frais.

Les différents bassins piscicoles.

On peut classer les bassins piscicoles selon l’origine de l’eau qu’ils utilisent.

Etangs de source et étangs dans la nappe phréatique.

- Ces étangs ont une source d’eau dans l’étang même ou très proche de l’étang, ou ils sont alimentés par la nappe phréatique. Le niveau d’eau dans ces étangs dépend du débit de la source ou du niveau de la nappe phréatique. Ces étangs sont en fait des trous creusés dans le sol. Ils seront souvent trop peu profonds puisqu’on ne peut pas assècher complètement l’assiette de l’étang, de façon qu’on travaille dans la boue ce qui rend le creusage difficile.

Chaque étang en parallèle a une prise d’eau individuelle sur le canal d’alimentation. Chaque étang peut être rempli et vidangé indépendamment des autres étangs.

Etangs en série

Etangs en dérivation

Barrage de dérivation

Déversoir du barrage

Canal de dérivation

Lit du marigot qui sert de canal d’évacuation

Etangs en parallèle

Etangs en série

Construction d’un bassin piscicole.

Le terrain est choisi : on a de l’eau en permanente, le sol est imperméable et le terrain est en pente douce. On veut construire un étang en forme de carré de 15m sur 15m avec un profondeur minimum de 100 cm, c’est-à-dire 70cm d’eau et 30 cm de revanche.

Il faut que

Le canal d’alimentation soit au moins 70cm plus haut que le fond de l’étang à l’entrée d’eau

Le fond de l’étang soit bien plus haut que le marigot afin de pouvoir vidanger l’étang complètement

L assiette de l’étang soit en pente régulière vers la sortie.

La coupe d’un étang bien creusé.

Le canal est trop bas

L’assiette de l’étang n’est pas en pente régulière

Les digues sont trop raides, elles vont s’écrouler petit à petit

Le marigot est trop haut par rapport au fond de l’étang.

Les travaux à faire.

Creuser le canal d’amenée d’eau

On va piqueter un grand carré de 21 m sur 21m. On met des piquets dans les coins et on les raccorde avec une ficelle. Ce carré nous indique les côtés exterieurs des digues.

On nettoie ce carré. On déracine les troncs d’arbres, on enlève les buissons et on coupe l’herbe.

On enlève les 10 à 20cm de terre noire et le reste des racines.

On nutilisera jamais cette terre pour monter la digue.

On piquetera alors l’intérieur des digues, c’est-à-dire l’assiette de l’étang. Il faudra laisser plus d’espace pour la digue en aval puisqu’elle sera plus haute.

Sommet de la digue : 1 mètre

Base de la digue : 4 mètres

Pente 1/2 à l’intérieur du bassin

Pente 1/1 à l’extérieur du bassin.

Pour construire une telle digue on va d’abord piqueter la base. On tend les cordes à 20cm de hauteur et on ammène la terre que l’on va bien damer jusqu’à la hauteur de la corde. Pour bien compacter la terre on va la mouiller légèrement. A la fin on obtient une digue en forme d’escalier.

Attention !

Là où le soln’est pas assez argileux on construit des digues avec un talus moins raide et avec un noyau d’argile.

Le tuyau de vidange sera évidemment fermé avec un bouchon ou un morceau de bois.

Le trop plein sera aussi pourvu d’un grillage pour éviter que les poissons du bassin sortent quand le trop plein fonctionne.

Il faut toujours surveiller que les grillages ne se bouchent pas. Un tuyau de trop plein bouché n’a plus d’utilité. L’eau va monter dans le bassin et passer au dessus des digues !

Pour éviter que le grillage du trop plein se bouche trop vite. on va l’incliner un peu. On va mettre l’ouverture à l’intérieur du bassin juste en dessous du niveau d’eau et l’ouverture à l’extérieur du bassin juste au dessus du niveau d’eau.

Le moine.

A la place d’un simple tuyau avec bouchon, on peut aussi installer un moine.

Un moine est une construction en béton avec des planches pour règler la hauteur de l’eau dans l’étang. Cette construction est difficile et chère. Elle évite des pertes de poissons à la vidange mais elle ne peut être rentable que dans des bassins d’une certaine taille. Il faut demander l’aide d’un moniteur si vous voulez construire un moi

La planche de deux mètres a un pied de 10cm et un pied de 12cm. Avec le niveau de maçon on met la planche horizontale. La pente entre l’extrémité des deux pieds est de 2cm sur 2 mètres, ou 1cm par mètre, ou 1%

Pour un canal d’alimentation, une pente de 1% convient très bien. Une pente plus forte donnerait trop d’érosion.

La pente de l’assiette d’un grand étang sera aussi ± 1%, pour les petits étangs elle peut être un peu plus forte (2%).

L’élevage de Tilapia nilotica en monoculture mixte.

Le Tilapia nilotica : Biologie

Morphologie

L’eau chargée d’oxygène (O2) dissous, entre en contact avec les lamelles branchiales.

L’oxygène (O2) de l’eau, traverse la fine membrane des lamelles branchiales et passe dans le sang

Le sang ammène l’oxygène vers tous les organes du corps où il est échangé contre le gaz carbonique (CO2)

C’est le coeur qui pompe lesang à travers les vaissaux sanguins du corps.

Le sang a échangé tout l’oxygène (O2) contre le gaz carbonique (CO2)

Arrivé au niveau des branchies, le sang décharge le gaz carbonique (CO2) dans l’eau et se recharge d’oxygène (02).

L’eau qui sort des opercules du poisson est chargé de gaz carbonique (CO2).

L’oesophage est très court et débouche dans l’estomac et ensuite un très long intestin. (± 8,5 × la longueur du corps chez Tilapia nilotica).

Chez les voraces l’intestin est beaucoup plus court mais l’estomac est plus développé. C’est dans l’estomac et l’intestin que se passe la digestion.

La reproduction.

Si la température de l’eau monte autour de 20°C les Tilapia vont se choisir un partenaire pour la reproduction. Du couple, c’est le mâle qui construit le nid. La forme du nid est différente pour chaque espèce de Tilapia. Chez le T. nilotica le nid a la forme d’une cuvette de 20 à 30 cm de diamètre, que le mâle aménage de préférence dans un sol sablonneux à une profondeur comprise entre 30cm et 150cm, selon les possibilités. Quand le mâle a creusé le nid, la femelle vient y déposer ses oeufs. Le mâle vient alors déposer la laitance sur les oeufs et la femelle reprend les oeufs fécondés en bouche. La femelle va garder les oeufs fécondés en bouche jusqu’à l’éclosion. On appelle cela : « INCUBATION BUCCALE » Par le jeu des machoires, les oeufs sont mélangés avec de l’eau fraiche bien oxygènée.

Les larves de Tilapia nilotica écloses restent dans la bouche de la mère jusqu’à ce qu’elles soient capable de nager. La mère libère alors ses petits, mais ils restent à proximité des parents et apprennent à se nourrir. En cas de danger, toutes les larves se refugent dans la bouche de la mère.

Une femelle mature (3 à 4 mois) peut pondre une fois toutes les 3–4 semaines. C’est pour cela que les femelles de T. nilotica grossissent sensiblement moins vite que les mâles :

Elles produisent une grande quantité d’oeufs

Pendant toute la période de l’incubation buccale la femelle se nourrit mal.

Il est assez difficile de reconnaître les mâles des femelles chez T. nilotica, surtout quand il sont petit. Il faut qu’ils pèsent plus de 30 grammes avant de les pouvoir reconnaître à l’oeil d’une façon certaine.

Les différences sont :

La hauteur du corps est plus grande chez le mâle que chez la femelle.

La femelle a une couleur légèrement plus foncée et bleuatre.

Les bas de joues de femelles sont gonflés à cause de l’incubation buccale.

La papille urogénitale est légèrement différent chez les deux sexes.

Il faut bien contrôler si les digues tiennent bien. On fait le tour de l’étang pour vérifier qu’il n’y a pas de fuites.

La profondeur minimale doit être 50cm.

La mise en charge.

Manipuler les alevins avec précaution.

Les alevins qu’on va mettre dans le bassin doivent y arriver en bon état. C’est de leur survie que dépendra entre autres la réussite de la production.

Quand on doit prendre des alevins dans la main pour les trier sur taille ou espèce, il faut toujours avoir les mains mouillées. Les écailles des poissons sont recouverted’une petite couche muqueuse qui protège le poisson contre les attaques des bactéries et des champignons. Quand on prend un poisson avec les mains sèches on enlève cette couche de mucus, elle reste collée à nos mains. C’est là que les parasites vont attaquer le poisson.

On cherchera à travailler pendant les heures fraiches de la journée. C’est-à-dire tôt le matin. On mettra toujours les alevins à l’ombre pour éviter que l’eau du récipient ne chauffe et perde encore plus vite son oxygène. On laisse les alevins hors l’eau le moins longtemps possible. On renouvelle l’eau du récipient si elle est trop boueuse ou trop chaude.

On manipule les alevins le moins possible.

Quand on met les alevins dans le bassin, on met d’abord le récipient dans l’eau. On le verse doucement de façon que l’eau du bassin et l’eau du récipient se mélangent petit à petit.

Comment cela se passe-t-il dans la nature ?

Les eaux naturelles (les rivières et les marigots) contiennent des poissons, même si ce n’est pas l’homme qui les a mis dedans. Il y a aussi plein d’autres animaux et plantes.

Tous ces animaux et plantes dans leur milieu forment un système en équilibre qu’on appelle écosystème.

Voici comment cela fonctionne :

L’eau de pluie, avant d’arriver dans le marigot, coule sur la terre et se charge de très petites particules de roches : les minéraux dissous. Toute plante a besoin de ces minéraux pour sa croissance.

C’est dans cette eau là, chargée de minéraux dissous que, sous l’action des rayons solaires, des plantes se forment.
On appelle celà la photosynthèse. Il n’y a pas seulement les plantes qui poussent sur le fond ou a la surface, il y a aussi des toutes petites plantes qui flottent dans l’eau et qui donnent une couleur verte à l’eau si elles sont nombreuses. Ces plantes minuscules, invisibles à l oeil nu, s’appellent : le plancton végétal ou le phytoplancton.

Ensuite il y a les poissons qui mangent de préférence ces petits ani-maux et les poissons voraces qui mangent les autres poissons.

Quand les poissons meurent (et aussi quand d’autres organismes aquatiques meurent) ils tombent dans la vase au fond de l’eau. La, des animaux très petits, invisibles à l’oeil nu (les bactéries) vont aider à la décomposition et ils vont transfomer le poisson mort en minéraux dissous.
Ces minéraux dissous seront utilisés par les plantes vertes et le cycle recommence.

Quand le pisciculteur intervient.

Quand le pisciculteur enlève les poissons de son bessin, le cycle ne peut pas recommencer comme auparavant :

- parce qu’il n’y a plus de poissons pour manger les plantes et les animaux,
- parce qu’il n’y a plus de poissons qui tombent dans la vase du fond où les bactéries les transforment en minéraux dissous et il n’y a done plus (ou moins) de minéraux dissous.

Le pisciculteur enlève donc une partie de la chaine alimentaire et il arrête le cycle.

Il va réempoissonner son bassin afin de redémarrer son élevage, mais il doit aussi ajouter des minéraux à l’eau, sinon la production sera faible.: Il va fertiliser son bassin avec un compost et s’il veut obtenir de bonnes productions, il va nourrir ses poissons comme il nourrit ses poussins ou ses lapins.

Dans cet enclos on met des couches de paille alternées avec des couches de fumier et d’autres engrais organiques mentionnés plus haut. Il ne faut pas oublier le fumier parce qu’il contient beaucoup de minéraux et aussi des bactéries qui accélèrent la décomposition et la minéralisation du compost. Chaque semaine il faut ajouter une couche de paille et une couche de déchets.

- Le compost extérieur

On prépare le compost à côté de l’étang, de préférence dans un endroit ombragé protégé de la pluie. On fait le compost en couches : d’abord des herbes et des feuilles, après du fumier et toutes sortes de déchets organiques. On ajoute un peu de terre fertile et on arrose. Comme ça on prépare un grand tas de couches d’herbes et de fumier alternés. Chaque jour on arrose un peu. Après 3 à 4 semaines le compost est prêt. On peut faire le compost de telle façon que d’un côté on ait du compost prêt à l’utilisation pendant qu’on ajoute des couches de l’autre côté. Ainsi on a toujours du bon compost.

Il faut utiliser uniquement des engrais minéraux dans des étangs bien étanches avec un minimum de renouvellement d’eau.

L’alimentation

A côté d’une fertilisation de l’eau, afin d’augmenter la nourriture naturelle du poisson (le plancton végétal et le plancton animal, les petits insectes et leurs larves, etc…), la meilleure façon pour obtenir de bonnes productions est d’alimenter les poissons comme on alimente les poules ou les cochons dans un élevage intensif.

La plupart des nourritures artificielles sont à la fois consommées par le poisson et utiles pour le développement du plancton.

On peut utiliser presque tous les sous-produits de l’agriculture ainsi que des déchets de transformation des produits alimentaires :

- son de riz
- son de blé
- son de maïs
- tourteau de coton
- graines de coton pillées
- tourteau d’arachide
- tourteau palmiste
- feuilles de manioc, papaye, etc…
- termites
- drèche de brasserie
- restes de nourriture de la cuisine

On va nourrir nos poissons tous les jours, de préférence même deux à trois fois par jour. On essayera de les nourrir toujours au même moment, par exemple à sept heures du matin, à midi et à cinq heures de l’après midi.

Comme ça, en déposant les aliments toujours à un endroit bien précis, on peut savoir si il reste des aliments sur le fond, ou si on ne le voit pas on peut fouiller de temps à autre avec la main pour constater si on ne donne pas trop.

Pour se débarasser des plantes il faut d’abord veiller à ce qu’il y ait toujours au moins 50 cm d’eau dans les endroits les moins profonds de l’étang. De cette façon on empeche les plantes des berges de se développer puisqu’elles ne peuvent pas pousser quand elles sont recouvertes d’eau, et on freinera aussi la croissance des plantes immergées puisqu’elles n’auront pas beaucoup de lumière à cette profondeur. Une méthode pour lutter contre la végétation aquatique qui se développe dans le fond des bassins est de provoquer un développement abondant de phytoplancton (plancton végétal). Quand on fertilise bian un étang (avec un compost), l’eau daviendra vere et la lumiere ne pourra plus pénétrer en profondeur, de façon que toute activité de photosynthèse s’arrèts : les plantes immergées ne pourront plus se développer.

Lorsque l’étang se trouve quanmême envahi de plantes aquatiques, le pisciculteur doit y remédier. La méthode la plus simple est d’arracher touts plante nuisible. Toutefois, quand elles sont trop nombreuses, il ne doit pas les laissar trainer dans l’eau. Leur décomposition pourrait entrainer une trop importante réduction de l’oxygène dissous dans l’eau, provoquant la mortalité par asphixie des poissons. Il est conseillé d’entasser ces plantes sur les digues pour qu’elles se décomposent et de les mettre au fur et masure dans le compost de l’étang.

Les pêches de contrôle.

Les pêches de contrôle ont comme buts principaux la vérification de la croissance et de la taille du poisson afin de décider du moment de vidange complête ou d’une recolte partielle (pêche intermédiaire).

Les poissons d’une pêche de contrôle seront toujours remis dans l’étang. On les traitera donc avec précaution et les manipulations seront reduit au strict minimum. D’habitude il suffit d’estimer si les poissons (géniteurs) conviennent à la consommation et à la vente et si les alevins sont d’une taille suffisante pour supporter une vidange et d’être remis dans le bassin (réempoissonnement).

Le pisciculteur peut aussi faire le poids moyen des géniteurs, estimer leur poids total dans le bassin et ajouter l’alimentation. Les pêches de contrôle se font d’habitude avec un épervier ou un filet, mais jamais à la ligne puisqu’on ne veut pas blesser le poisson.

La recolte du poisson.

La recolte du poisson peut se faire par plusieurs méthodes. On peut recolter tout le poisson en une seule fois (vidange complète) ou on peut le faire en plusieurs fois en faisant des pêches intermédiaires sans vider l’étang avant de vidanger complètement.

Les pêches intermédiaires

Cette méthode permets au pisciculteur de se procurer du poisson pendant la durée de l’élevage. Il peut le faire avec un filet, un épervier, des nasses ou des lignes. En même temps il peut suivre la croissance des poissons. Les pêches intermédiaires ne doivent toutefois pas se faire trop tôt, puisqu’en enlevant les géniteurs trop vite, on dérange la reproduction dans l’étang. Il faut donc attendre le moment que les premiers alevins apparaissent avant de commencer la pêche.

A chaque recolte il faut enlever qu’une petite quantité de poisson, surtout si on fait beaucoup de pêches intermédiaires. Le pisciculteur devrait chaque fois noter le poids du poisson qu’il sort du bassin, afin de les additionner à la production au moment de la vidange complète.

Si ces pêches se font d’une façon modérée, elles permettent de recolter une production totale plus élevée que si on pratique une seule vidange à la fin du cycle.

La vidange complète.

Il n’est pas toujours possible de vider complètement le bassin, mais c’est le meilleur moyen de cloturer une période de production et en même temps de remettre en état le bassin.

Une vidange se fait toujours tôt le matin, afin de pouvoir travailler pendant les heures de fraicheur. Ainsi les poissons et surtout les alevins que l’on gardera pour le réempoissonnement souffriront moins. Le matériel et les outils nécessaires pour la vidange (pelle, bassines, paniers, etc…) seront rassembles le soir avant. La vente du poisson sera prévu ou bien au bord de l’étang et dans ce cas on fera la propagande chez les voisins, ou bien au marché du village et un moyen de transport rapide sera prévu.

Les travaux d’entretien après la vidange.

L’assec.

La mise à sec d’un étang ou l’assec, est la durée que reste un étang sans eau (période entre la vidange et la remise sous eau). Elle peut être totale ou partielle, de courte ou de longue durée.

L’assec permet, grâce à des phénomènes physico-chimiques et biologiques, les effets bénéfiques suivants:

une mobilisation des éléments nutritifs contenus dans le sol,

une minéralisation rapide des débris organiques,

la destruction des plantes aquatiques, des germes de maladie, des parasites et de certains prédateurs du poisson.

Dans les pays tropicaux, la période de mise à sec peut être réduite à quelques jours. Une courte période est d’ailleurs préférable pour éviter la formation de fissures dans les digues ainsi que dans le fond de l’étang, due au retrait des argiles. Un léger travail superficiel du fond de l’étang peut aider à l’aération du sol et aux trois points mentionnés plus haut. Toutefois il ne faut pas labourer profondément, car cela pourrait provoquer une remonté à la surface de terre stérile, et un enfouissement en profondeur de la couche superficielle riche en éléments nutritifs. Une culture (légumineuses ou culture vivrière) pourra être effectuée sur le fond de l’étang pendant une mise à sec prolongée. Les parties non recoltées seront ensuite enfouies dans le sol avant la remise sous eau. Le pisciculteur qui adopte cette solution d’exploitation mixte cherchera une culture aussi brève que possible. Il doit comparer la rentabilité d’une culture intercalaire avec l’exploitation purement piscicole.

Curage de l’assiette.

C’est généralement à l’endroit le plus profond de l’étang (devant le moîne), que la vase tend à s’accumuler. Il faut sans cesse procéder à l’enlèvement de celle-ci afin que les poissons puissent, lors de la recolte, y trouver de l’eau la plus propre possible. Cette vase se compose d’une accumulation de sédiments de la couche superficielle du fond de l’étang et de débris organiques. Elle est donc très riche en éléments nutritifs et peut être utilisée à côté de l’étang comme engrais pour des cultures maraichères. Il est aussi possible, afin de ne pas perdre ces éléments nutritifs, de répartir cette boue sur d’autres endroits de l’assiette sans toutefois en laisser trop.

Réfection des drains.

Ceux-ci ont tendance à se combler au cours des productions. Un passage rapide selon le tracé du réseau initial suffira, mais la boue devra être rejetée au loin et non pas déposée sur les bords de ces drains.

Remise en état des digues.

Au moment de la construction des étangs une pente de 1/2 à l’intérieur de l’étang à été respectée. Au cours de la production une dégradation s’effectue suite à :

un affouillement des berges par la population (nids du Tilapia)

des effondrements par tassement au cours des travaux effectués

une érosion incessante due aux vagues (dans les grands étangs)

Il faut alors effectuer un rechaussement des digues par apport de nouvelle terre (argile) et refaire la pente initiale.

Réparation de l’arrivé d’eau.

Il arrive souvent que le conduit d’arrivée d’eau a été mal prévu (trop court) et qu’un affouillement se produit dans la digue amont de l’étang à l’aplomb du conduit. La meilleure solution est évidemment de prévoir un conduit suffisamment long, de façon à ce que son extrémité arrive en avant du pied de la digue. Une pierre plate est déposée sur le fond de l’étang au point de chute du filet d’eau pour casser le jet de réduire les dégradations par affouillement. Sinon une réparation de la digue s’impose avec un parement de pierres pour limiter l’érosion de l’eau.

L’entretien du moîne.

Lorsqu’il s’agit de moînes en brique ou en maçonnerie, il est nécessaire de vérifier le crépi extérieur. Si l’on constate :

une altération légère, il faut récrépir

que les joints du ciment sont déjà attaqués, il faut effectuer un rejointage des pierres ou des briques et recrépir l’ensemble

un état défectueux de quelques planchettes, on procède à leur remplacement.



Elevage des alevins
20 août, 2007, 14:33
Classé dans : ELEVAGE

ALEVINAGE EN ETANGS

La méthode d’alevinage en étang décrite ci-dessous est le résultat des recherches menées dans des conditions difficiles et peu favorables à l’alevinage en étangs. Cette méthode basée sur des essais empiriques est donc uniquement indicative et peut être améliorée dans la plupart des situations en adaptant celle-ci aux circonstances locales et, bien sûr, en utilisant ces expériences acquises. Ceci implique que l’on peut produire plus d’alevins que indiquée dans cette publication à condition que l’on maîtrise complètement la méthode d’alevinage en étangs.

Etang d’alevinage

Il n’est pas possible d’élaborer ici en détail tous les critères et facteurs relatifs à la construction des étangs d’alevinage, du choix du site jusqu’à la construction d’une retenue d’eau, d’un canal d’amenée et de l’étang. Ceux-ci sont très bien expliqués dans les documents et manuels appropriés dont quelques-uns sont mentionnés dans la bibliographie.

Quelques critères importants et typiques pour les étangs d’alevinage sont toutefois énumérés ci-dessous :

Localisation :

Les étangs d’alevinage se situent le plus près possible de l’écloserie qui fournit le jeune frais et qui assure des facilités de communication, de transport et de logistique.
Dimensions :

des étangs de dimension moyenne de 2 à 4 ares, de forme rectangulaire (10 × 20 à 10 × 40 m), et d’une profondeur de 80 à 100 cm sont préférables. Cette profondeur est exigée pour éviter la présence des plantes aquatiques.
Eau :

une bonne qualité d’eau (non polluée, de faible contenu en fer et de pH entre 6.5 et 8.0) est indispensable pour un bon développement planctonique, facteur primordial pour toute réussite de l’alevinage en étangs. Un débit d’eau minimum de 10 1/s/ha (= 6 1/min/m are) est nécessaire afin de pouvoir remplacer à tout moment les pertes d’eau dû à l’évaporation, l’infiltration, et/ou des fuites d’eau ou de renouveler l’eau, si nécessaire (surfertilisation ou pollution).
Etanchéité :

les étangs d’alevinage doivent bien retenir l’eau, c’est-à-dire l’infiltration et les pertes d’eau dues aux fuites doivent être minimisées. Sans cette qualité aucun programme de fertilisation serait efficace.
Exposition :

les étangs d’alevinage doivent être à l’abri du vent et bien exposés au soleil.
Equipement :

chaque étang doit être équipé d’un moine et d’un canal ou tuyau de remplissage suffisamment important afin de pouvoir remplir l’étang rapidement (un tuyau de 75 ou 100 mm pour un étang de 4 ares).

Nombre et préparation de l’étang

Nombre d’étangs

Le nombre d’étangs d’alevinage nécessaire dépend de la capacité de l’écloserie et de la demande d’alevins des pisciculteurs privés et/ou des stations piscicoles. Un centre d’alevinage moyen avec une production annuelle de 500 000 alevins requiert une infrastructure composée de :

10 étangs de 4 ares, 40 ares en total ;

2 000 000 de jeunes repartis sur 20 reproductions artificielles de 100 000 chacun ;

un débit en eau de 4–6 1/s.

Préparation de l’étang

Nettoyage. Il est d’une grande importance de bien nettoyer les digues de l’étang et de vérifier leur état, ainsi que de couper les herbes. Le fond de l’étang est également nettoyé et l’excédent de vase est enlevé (celui-ci peut servir d’engrais pour le potager). Une couche de quelques centimètres de vase est suffisante pour une bonne production naturelle de l’étang. Un excès nuit à la fertilité de l’étang et entraîn des activités anaérobiques.

Sèchage. Il est conseillé de faire sécher le fond de l’étang pendant quelques jours. Pendant ce temps-là, on effectue le travail de nettoyage. Cette mise à sec devient plus importante si l’on ne dispose pas de chaux vive.

Désinfection/Chaulage. Le sol de l’étang est désinfecté avec 10 à 20 kg de chaux vive (CaO) par are. La chaux vive élimine tous les pathogènes, parasites et prédateurs invertébrés (insectes, crustacés et mollusques). Le chaulage est exécuté la veille de la mise en eau. Cette désinfection avec la chaux vive a également une action positive sur la fertilité de l’étang. Elle augmente :

le pH ;

l’alkalinité (nécessaire pour la stabilité du pH) ;

la qualité biologique du sol (disponibilité des minéraux) ;

la nutrification d’ammonium en nitrite et nitrate (élimination des toxiques).

Quand la chaux vive n’est pas disponible, ou coûte trop chère, d’autres metières moins coûteuses telles que du carbonate de calcium (CaoCO) ou de la chaux éteinte (Ca/OH2) peuvent remplacer la chaux vive. Ces produits ont même action fertilisante mais ne servent pas comme désinfectant.

La quantité minimum nécessite afin d’obtenir une fertilisation optimale dépend de la fertilité du bassin. En général, on applique 15 à 20 kg pour des argileux et 10 à 15 kg pour des sols sableux.

Attention : L’activité de ces metières calciques n’est pas la même et la quantité doit donc être ajustée. I’activité de 1kg de la ohaux éteinte et à 1,8 kg de carbonate de .

Le chaulage est effectué en le produit de façon uniforme sur toute la superficie du sol l’étang. Ces produits sont conditionnés en poudre mais parfois, dû à , ils durcissent. Dans ce cas-là, il est nécessaire de les morceaux avant l’utilisation.

Contrôle de prédateurs. Des prédateurs piscicoles en étangs par l’entrée d’eau (des oeufs et des de ou de poisson et des poissons), par la terre (des batraciens, varons, des loutres, etc…) ou par l’air (des oiseaux). La pénétration des poissons sauvages et des oeufs est empêchée en plaçant une bois, dont le fond est fait d’une grille métallique (95 mm), ou un , large de 1 m et fabriqué de toile moustiquaire, placé à l’entrée d’eau.

Ce dernier est bien attaché autour du tuyau. La pénétration par voie terrestre est empêchée par une clôture dressée autour de l’étang. Cette clôture, haute de 75 à 100 cm est fabriquée de toile moustiquaire. La perte des alevins due à la prédation par les oiseaux est généralement faible et n’exige aucune mesure particulière. En général les oiseaux sont chassés. Parfois il est conseillé de placer des cordes en nylon, au dessus de l’étang, afin d’éviter une prédation massive par les pélicans.

Mise en eau

Il est d’une très grande importance de mettre les étangs d’alevinage en eau dans un minimum de temps, de préférence pas plus que 24 heures. Cette mesure est primordiale pour empêcher une prédation par des tétards. Le tableau 1 indique la quantité d’eau fournie journellement selon différents débits.

Tableau 1
Quantité d’eau fournie journellement selon différents débits (d’après A.G. Coche et H. van der Wal, 1983)

1/s

1/min

1/h

1/jour

m3/jour

1

60

3 600

86 400

86,4

2

120

7 200

172 800

172,8

3

180

10.800

259 200

259,2

4

240

14 400

345 600

345,6

5

300

18 000

432 000

432,0

6

360

21 600

518 400

518,4

7

420

25 200

604 800

604,8

8

480

28 800

691 200

691,2

9

540

32 400

777 600

777,6

10

600

36 000

864 000

864,0

14

840

50 400

1 209 600

1 209,6

15

900

54 000

1 296 000

1 296,0

20

1 200

72 000

1 728 000

1 728,0

Z1

Z × 60

Z × 3 600

Z × 86 400

Z × 86,4

1 La dernière ligne du tableau montre comment convertir lesvaleurs Z du débit en 1/s, 1/min, 1/h, 1/jour et m3/jour.

Exemple : Votre étang a une superficie de 400 m2 et une profondèur moyenne de 80 cm, le contenu de l’étang est donc de 400 m2 × 0,8 m = 320 m3 soit 320 × 1 000 = 320 000 l. Pour remplir votre étang en 24 heures il faut un débit en eau de :

320 000 1 % (24 × 60 × 60)s = 3, 7 l/s

soit environ 4 l/s.

Pour vérifier, comparez ce résultat avec le tableau 1.

La gestion d’une station d’alevinage est adaptée à cette exigence. Le nombre d’étangs qu’on pourrait mettre en eau en même temps dépend donc du débit d’eau du canal d’amenée. Le tableau 2 donne le débit d’eau nécessaire pour remplir, en un jour, des étangs de volumes différents.

Tableau 2
Débits d’eau pour remplir en un jour des étangs de différents vomules

Volume de l’étang
(m3)

Débit d’eau approximatif
requis (l/s)

100

1.2

200

2.4.

300

3.6

400

4.8

500

6.0

Exemple : Vous voulez mettre en eau 5 étangs de 400 m3 et vous disposez d’un débit de 70 1/s. Pour remplir un étang il faut 4,8 1/s (voir tableau 2). Avec un débit de 10 l/s vous pouvez donc remplir 10 1/s: 4,8 1/s = 2,1 étangs, soit 2 étangs en 24 heures. Donc vous projetez d’abord de remplir 2 étangs, puis le lendemain 2 autres étangs et le 5ème bassin est rempli le troisième jour.

Mise en charge

La mise en charge ou le peuplement de l’étang d’alevinage est effectué le lendemain de la mise en eau du bassin, quand celuici est completement ou presque complètement rempli. Quand la mise en eau des bassins est échelonnée sur plusieurs jours, il faut donc également reporter le peuplement afin d’empoissonner chaque bassin dans les 24 heures après la mise en eau. De jeunes frais de 4 à 6 jours, nourris pendant quelques jours à l’écloserie avec de l’artemia ou du zooplancton est mis en charge à une densité de 50/m2 à 100/m2.

Exemple : Vous voulez empoissoner 5 étangs de 4 ares. Pour un étang de 4 ares (= 400 m2) il faut 400 m2 × 50/m2 = 20 000 jeunes poissons ; par 5 étangs il faut donc 5 × 20 000 = 100 000 jeunes frais.

L’empoissonnement de jeunes frais est délicat. Les poissons sont fragiles et en plus, il est impossible de compter ou de peser un si grand nombre de poissons de 4 à 10 gr. L’expérience et la standardisation de la méthode de comptage sont les seules directives pour mener à terme cette opération difficile et délicate. La méthode décrite dans cette publication a donné beaucoup de satisfaction jusqu’à présent Avant de commencer l’enlèvement des poissons du bac d’éclosion, ceux-ci sont concentrés en poussant la crépine-écran vers l’entrée d’eau (voir 2ème tôme de cette série : Alevinage en écloserie). Les jeunes poissons sont par la suite aspirés avec une pipette de 100 ml et placés très doucement dans un seau blanc de 101, rempli avec 3 à 4 1 d’eau propre, saturée d’oxygène. Des seaux gradués ayant une couvercle sont préférables. Chaque seau de 10 l peut contenir 10 000 jeunes poissons de 10 à 50 mg. Les poissons se regroupent, les uns contre les autres au fond du seau, et sont très bien visible sur fond blanc. Le pourcentage blanc (pas de poissons) par rapport au pourcentage noir (poissons) est la plu importante indication du nombre. Ce nombre est calculé la première fois qu’on empoissonne de la façon suivante : des poissons, amassés au fond du seau sont repartis de façon homogène dans le seau à l’aide d’un bulleur d’air assez puissant. Ensuite on compte le nombre exact des poissons d’un échantillon pris avec une pipette de 101. Cette procédure est répétée au moins 5 fois. En connaissant la quantité d’eau du seau et le nombre moyen des échantillons, on peut facilement calculer le nombre estimatif du seau.

Exemple : Vous avez rempli votre seau avec 3 litres (3 000 ml) d’eau et ajouté par la suite 8 pipettes de 100 ml. Vous avez compté respectivement 26, 29, 30, 24 et 27 poissons par échantillon de 10 ml. Le nombre moyen est de : (26 + 29 + 30 + 24 + 27) : 5 = 27,2 poissons. Le volum final du seau (eau + poissons) est de : 3 000 ml + (8 × 100ml 3 800 ml. Le nombre estimatif du seau est donc de : (3 800 ml : 10 ml) × 27,2 = 10 336 soit environ 10 000 poissons.

Il est important de préparer et de désinfecter tout le matériel avant le commencement de l’empoissonnement. On ne remplit que deux seaux à la fois. Dès que ces seaux sont pleins, on les amène vers l’étang pour y mettre leur contenu. Avant l’empoissonnement, on mesure la température d’eau de l’étang et celle du récipient (utilisé pour le transport) afin d’éviter un changement de température trop important pour les jeunes poissons.

Fertilisation

Le but de la fertilisation de l’étang d’alevinage est d’augmenter la production naturelle du bassin, notamment celle du phytoplancton et du zooplancton, afin d’obtenir suffisamment de nourriture naturelle. Celle-ci est indispensable pour assurer une bonne croissance et survie des jeunes silures.

L’origine de toute production naturelle d’un plan d’eau est la photosynthèse, action de synthèse des matières organiques par des végétaux chlorophylliens à l’aide de l’énergie solaire (lumière et chaleur). Cette photosynthèse (et donc indirectement la production naturelle de l’étang) dépend de la qualité des matières inorganiques et de l’ensoleillement.

Les étangs piscicoles sont presque toujours déficitaire en phosphore et souvent en azote et potasse. C’est ainsi que naquit la nécessité d’ajouter ces minéraux manquants en fertilisant l’étang. La fertilisation a plutôt un effet fertilisant sur la vase (les matières inorganiques sont absorbées par la couche boueuse) que sur les organismes en suspension. Cette couche boueuse, en bonne condition de décomposition et/ou bien fertilisée, est en sorte un grenier à matière minérales. Celles-ci sont lâchées au fur et à mesure à la demande de la végétation.

On distingue deux types de fertilisation, à savoir : la fertilisation inorganique ou fertilisation avec des produits chimiques, et la fertilisation organique ou fertilisation avec des déjections animales ou d’autres sous-produits organiques. La quantité de fertilisants requise dépend de la fertilité du bassin, la qualité du produit et la biomasse des poissons.

Fertilisation inorganique

Le contenu minéral des produits fertilisants est exprimé en pourcentage de N, P2O5 ou K2O. Les plus importants produits fertilisants et leur contenu minéral sont énumérés dans le tableau 3. La fertilisation des étangs avec le calcium a été discutée dans la paragraphe 2.2.2.

Tableau 3
Quelques produits fertilisants utilisables pour la pisciculture

% N

% P2O5

Urée

46

 
Nitrate de soude

15–16

 
Sulphate d’amonium

20–22

 
Nitrate d’amonium

32–34

 
Super-phosphate

  16–22

Triple-phosphate

42–48

 
Phosphate d’ammonium

11,0

48

Les étangs d’alevinage sont fertilisés avec 0,8 kg N/are et 0,2 kg P2O5/are le jour de la mise en eau, dès que l’étang est rempli de moitié, après quoi on fertilise deux fois par semaine avec 0,2 kg N/are et 0,05 kg P2O5/are jusqu’à 4 à 5 jours avant la vidange. Il est vivement conseillé de fertiliser toujours le même jour de la semaine, par exemple chaque mardi et vendredi.

A Bangui on utilise de l’urée et du triple-phosphate pour des raisons de disponibilité et desraisons économiques. La quantité de ces produits minéraux est calculée par étang et dissoute dans un seau, après quoi le contenu de ceci est distribué de façon homogène.

Des étangs fertiles ayant un fond recouvert de quelques centimètres de boue bien colloidale produisent leur propre azote et ne nécessitent pas une telle fertilisation. Les produits fertilisants contenant du phosphate doivent être dissouts et distribués souvent en petites quantités puisque le phosphore est absorbé de façon irréversible par la couche boueuse. Le triple-phosphate peut également être distribué en le mettant dans quelques sacs en jute placés à 30 à 40 cm au dessus du fond de l’étang.

Exemple : Vous voulez fertiliser votre étang de 4 ares avec de l’urée à une dose de 0,8 kgN/are. Vous avez besoin de 4 ares × 0,8 kgN/are = 3,2 kgN. La quantité de l’urée est donc de 3,2 kgN × 100 ÷ 46 N = 7,9 kg.

Fertilisation organique

La fertilisation organique avec des défections animales (fumier) est exécutée en même temps que la fertilisation inorganique. Le jour de la mise en eau, on utilise une dose de 20 kg (matière sèche) are, et par la suite 5 kg/are deux fois par semaine. Le fumier est dillué avec de l’eau et distribué sur toute la superficie du bassin. On peut utiliser du fumier de porc, de cheval, de boeuf ou de volaille. Ces fumiers se distinguent au point de vue rapport N/P. Les rapports N/P entre 4/1 et 8/1 sont considérés optimaux afin d’obtenir une bonne production naturelle équilibrée.

L’utilisation du fumier, surtout en grande quantité a quelques inconvénients :

la décomposition des matières organiques demande de l’oxygène et ceci risque de causer un déficit en oxygène ;

la croissance des algues filamenteuses, non-désirées, peut être stimulée.

Il faut attendre 3 à 4 jours après la première fertilisation avant d’obtenir des productions planctoniques importantes et suffisantes pour nourrir les jeunes poissons.

Contrôle de la fertilisation

La transparence de l’eau est une indication de l’abondance des matières en suspension (phytoplancton, zooplancton, détritus ou argi argile). Un bon développement planctonique colore l’eau en vert (phytoplancton) ou en brun (zooplancton), ou entre les deux suivant la domination de l’un ou de l’autre.

La transparence de l’eau est mesurée avec le disque de Secchi, un disque de 30 à 40 cm de diamètre, coloré en noir et blanc et attaché à un fil gradué.

Suivant la transparence de l’eau, on doit prendre des mesures suivants :

Transparence

  Action

1–15

cm

Beaucoup trop de plancton présent. Arrêter la fertilisation et renouveler immédiatement 1/4 à 1/2 de l’eau. Mesurer le taux d’oxygène (toujours le matin au lever du soleil).

15–30

cm

Beaucoup de plancton, arrêter la fertilisation. Vérifier le taux d’oxygène.

30–50

cm

Production planctonique optimale, continuer le plan de fertilisation, vérifier une fois tous les 3 à 4 jours le taux d’oxygène.

50

cm

Pas assez de plancton, augmenter (jusqu’à doubler) les doses d’engrais.

2.6. Alimentation

L’alimentation des jeunes poissons n’est, en principe, pas nécessaire. La présence de suffisamment de nourriture naturelle (plancton) est assurée tant que l’eau du bassin reste bien verdâtre. Une alimentation est appliquée quand la fertilisation echoue (vérifier la transparence). Un aliment en forme de poudre composé de 1/4 san de riz, 1/4 tourteau de coton, 1/4 tourteau d’arachides et 1/4 farine de sang ou de poisson, est distribué deux fois par jour dans un cadre flottant de bambou à la ration de :

550 g/are

1ère semaine

750 g/are

2ème semaine

1 000 g/are

3ème semaine

1 500 g/are

4ème semaine

Gestion

Gestion de l’étang d’alevinage

Exemple : Vous voulez empoissonner 5 étangs de 4 ares et vous disposez de 10 1/s. On a déjà appris qu’il faut 3 jours et 100 000 silures pour mettre en eau et empoissonner les 5 étangs (voir 2.3. et 2.4.). Votre schéma de travail est donc ainsi :

Jour

Nettoyage

désinfection

Mise en eau et fertilisation

Empoissonnement

1

1 + 2*

-

-

-

2

3 + 4

1 + 2

-

-

3

5

3 + 4

1 + 2

-

4

-

5

3 + 4

1 + 2

5

-

-

5

3 + 4

6

-

-

-

5

* Les chiffres dans ce tableau correspondent aux numéros dechaque étang

La gestion des étangs d’alevinage requiert des contrôles journaliers afin de garantir un résultat acceptable, il faut :

Vérifier la transparence de l’eau (indicateur de la production planctonique de l’étang, voir 2.5.3.).

Mesurer la température, le taux d’oxygène et le pH. La température est enregistrée à l’aide d’un thermomètre mini-max. Le taux d’oxygène et le pH sont mésurés le matin au lever du soleil à l’aide des kits portables (Hach ou Perck).

Vérifier la présence de tétards et de grenouilles. Les tétards, dangereux prédateurs, sont enlevés avec une épuisette (la plupart se trouve à la surface de l’eau, à la bordure) ou avec un filet. Les batraciens sont pêchés à la ligne.

Vérifier le comportement des jeunes silures. Après 2 à 3 semaines, les jeunes silures peuvent être observés guand ils montent à la surface pour chercher de l’air. Ne pas les confondre avec des tétards, qui montent également à la surface.

Nettoyer et éventuellement réparer le canal d’amenée d’eau, les grilles de ce canal, la caisse à l’entrée de l’eau, le moine (l’eau ne doit pas déborder) et le grillage du trop plein ainsi que la clôture.

Contrôler l’état des digues et le niveau de l’eau du bassin.

Enlever toutes les plantes aquatiques.

Gestion d’un centre d’alevinage

La gestion d’un centre d’alevinage est une des activités la plus difficile et à la fois, la plus importante de l’alevinage. On a déjà appris que le nombre d’étangs est en fonction du débit d’eau du canal d’amenée et comment gérer une écloserie. actuellement il s’agit de coordonner de façon cohérente la gestion de l’écloserie et celle des étangs. Il est indispensable de préparer un programme annuel afin de pouvoir réussir un tel travail. On élabore d’abord le programme de travail pour les étangs et à base de ces données on peut établir un programme de travail pour la reproduction artifivielle. Il est souvent pratique de gérer deux cycles d’alevinage en même temps, ainsi on dispose tous les 5 jours d’alevins et on obtient une répartition du travail très homogène.

Exemple : Vous avez 10 étangs de 4 ares, un débit d’eau minimum de 101/s, et vous voulez opter pour la livraison des alevins tous les 15 jours. Ainsi vous gérez deux cycles d’alevinage de chacun des 5 étangs. Pour mettre en eau ces 5 étangs vous avez besoin de 3 jours (voir 2.3.1.) et de 100 000 silures (voir 2.4.). Pour avoir 100 000 silures de 4 à 6 jours il faut faire une reproduction artificielle de 6 à 10 jours avant l’empoissonnement en fonction de la température de l’eau de l’écloserie (voir tôme 1 de cette série : Propagation artificielle).

Vidange

La vidange de l’étang d’alevinage est effectuée le matin tôt lorsqu’il fait encore frais. Une heure avant le lever du soleil on commence à enlever l’eau. L’eau est évacuée doucement en enlevant planche par planche du moine. Un grillage (diamètre des mailles 5 mm) est placé devant le moine pour éviter une perte d’alevins. Quand l’étang est à moitié vidé on attache une caisse de vidange à l’extérieur de l’étang sur la buse de vidange. Cette caisse est fabriquée d’un grillage métallique (diamètre des mailles 5 à 10 mm) placé sur un cadre en bois. Les alevins sont accumulés dans cette caisse et sont facilement recupérés à l’aide d’une épuisette.

Il existe une variation importante au point de vue taille et poids moyen entre les jeunes Clarias d’un étang. En général, on trouve un groupe assez homogène de silures de 3 à 8 g et quelques dizaines de gros sujets jusqu’à 10 g par are. Ces gros silures sont triés à l’aide d’une table de tri. Cette table est bien mouillée avant d’y poser les poissons. Les alevins sont récupérés dans des seaux ou des récipients bien étanches, remplis de quelques litres d’eau. Parfois il est nécessaire de distinguer trois lots afin d’obtenir des groupes d’alevins bien homogènes.

Les alevins sont livrés directement ou stockés pendant quelques jours dans un étang de stockage. Les alevins peuvent être stockés jusqu’à une densité de 100 à 150/m2. Ils sont nourris avec l’aliment complet en forme de granulés (voir Doc. tech. no 23 : Alimentation) à une ration de 10% de leur biomasse.

La survie de l’alevinage en étangs est de 20 à 30 ÷ à condition que les conditions mentionnées ci-dessus sont respectées rigoureusement surtout au sujet des tétards et des grenouilles. On peut réaliser 10 cycles d’alevinage par an, ainsi on obtient une production de 15 000 alevins par are et par an.

Exemple : Vous avez empoissonné 5 étangs de 4 ares à 50/m2. Vous avez donc déversé 100 000 poissons. La survie obtenue est de 30%. A la vidange vous recupérez 100 000 × 30 ÷ 100 = 30 000 alevins. Par an, ces 5 étangs de 4 ares (= 20 ares) Vous donnent 10 × 30 000 = 300 000 alevins. Par are vous avez donc obtenu 300 000 ÷ 20 = 15 000 alevins par an.

Ingrédients

Porcs de poids
inférieur à 60 kg

Porcs de poids
supérieur à 60 kg

son de riz

80 kg

90 kg

tourteau d’arachide

15 kg

5 kg

sang séché

2,-5

2,-5

poudre d’os

1,-5

2,-5

super M 4

0,-150

0,-150

sel

0,-500

0,-500

lysine, méthianine

Le son de riz pouvant faire défaut, on peut le remplacer, à quantités égales par de la farine de maïs ou de la farine de manioc.

A titre indicatif le tableau ci-après donne les rations quotidiennes à distribuer par porc.

10

-

15 kg

de porc vif

750 grs

15

-

20 kg

- »-

850 -

20

-

25 kg

- »-

1.000 -

25

-

30 kg

- »-

1.150 -

30

-

35 kg

- »-

1.300 -

35

-

40 kg

- »-

1.450 -

40

-

45 kg

- »-

1.500 -

45

-

50 kg

- »-

1.750 -

50

-

55 kg

- »-

2.000 -

55

-

60 kg

- »-

2.250 -

60

-

65 kg

- »-

2.500 -

65

-

70 kg

- »-

2.650 -

70

-

75 kg

- »-

2.800 -

75

-

80 kg

- »-

2.900 -

80

-

85 kg

- »-

3.000 -

85

-

90 kg

- »-

3.200 -

90

-

95 kg

- »-

3.400 -

95

-

100 kg

- »-

3.500 -

100

-

et plus

- »-

3.500 -

Ces rations doivent se calculer individuellement pour chaque porc. Elles doivent être mouillées et mélangées parfaitement.

En sus, les porcs recevront chaque matin, une demi-heure après le nourrissage à la provende, une brassée d’herbes vertes, de feuilles de patate douce, de jacynthe d’eau, ou de pennisetum.

Il va de soi que le réajustement des rations suppose un contrôle régulier du poids des porcs, au moins une fois par mois. En croissance normale, les porcs font un gain de poids moyen de 400 gr/jour environ. La courbe de croissance des porcs accusant un net fléchissement au-delà des 100 kg, il convient d’exploiter économiquement ces animaux dès qu’ils atteignent cette taille.

Précautions sanitaires – Traitements:

Il faut veiller strictement à la propreté et à la santé des animaux élevés. Un chaulage régulier des installations constitue une bonne mesure préventive contre les parasites externes.

En aucun cas, on ne doit élever des porcelets non vaccinés contre la maladie de Teschen, lequel vaccin a lieu à l’âge d’un mois et demi, et rappelé 15 jours après.

Il convient également de traiter les porcelets et les porcs contre les parasites internes par administration par voie orale de comprimés de VADEPHEN, dissous dans un peu d’eau et dont voici la posologie et le mode d’emploi:

Poids des Porcs

             
8
à 10 Kgs

15 Kgs

20 à
40 Kgs

40 à
50 Kgs

60 Kgs

70 Kgs

80 à
90 Kgs

120 Kgs

  Comprimés à 125 mg (couleur bleue)

           
1

2

         
  Comprimés à 0,600 gr. (couleur jaune)

           
      ½

½ à 1

1

1

1 à 2

Le jour du traitement, il faudrait peser chaque animal et appliquer ensuite les doses ci-dessus en fonction de leur poids respectif.

L’administration a lieu tous les 3 mois pour les porcelets, et tous les 6 mois pour les porcs d’un poids supérieur à 40 Kgs.

GROSSISSEMENT EN ETANGS

Etang de grossissement

Les bassins pour l’élevage de Clarias, soit en monoculture, soit en élevage mixte avec tilapia Oreochromis niloticus devront correspondre aux critères suivants afin de garantir la réussite de ce type de grossissement :

Localisation :

Le choix du site piscicole est très important. Les facilités suivantes doivent être réunies à la fois : (a) l’eau de bonne qualité, en quantité suffisante, pendant toute l’année ; (b) un endroit surveillé pas trop loin des axes routiers ; (c) possibilité de vider complètement les bassins (les bassins dans la nappe phréatique sont exclus).

Dimensions :

Des étangs carrés de 4 à 10 ares avec une profondeur de 80 à 100 cm sont préférables.

Digues :

Les digues du bassin doivent être solides et suffisamment hautes (40 à 50 cm au-dessus du niveau de l’eau).

Eau, étanchéité et exposition : Ces critères sont les mêmes que pour les étangs d’alevinage (voir 2.1.).

 
Equipement :

Chaque bassin doit être équipé de : (a) un canal d’amenée ; (b) un tuyau de remplissage ; (c) une caisse filtrante ou un filet à l’entrée d’eau ; (d) un moine ou un tuyau de trop plein ; (e) une pêcherie devant ou derrière le moine ; (f) une clôture de toile moustiquaire de 50 à 75 cm autour de l’étang.

3.2. Elevage mixte de C. lazera avec tilapia O. niloticas

La pisciculture en Afrique Centrale est, à l’heure actuelle, concentrée autour de l’élevage de O. niloticus, en méthode mixte c’est-à-dire l’élevage par classes d’âge mélangées dû à la reproduction spontanée. Des tilapia se reproduisent en étangs à partir de 30 à 50 g. Le surplus des jeunes poissons limite la production piscicole. Pourtant cette espèce a de multiples qualités piscicoles : potentiel de production élevée (croissance élevée), accepte facilement l’alimentation artificielle, résistance à des densités élevées, des maladies et des taux d’oxygène faible.

La façon la plus simple d’augmenter la production de l’élevage de tilapia est l’association de celui-ci avec un prédateur afin de contrôler la surpopulation de l’étang. C’est donc dans ce but que l’on élève le tilapia ensemble avec le silure.

La méthode d’élevage mixte ou polyculture du silure C. lazera et tilapia O. niloticus décrite ci-dessous est un élevage semi- intensif basé sur une fertilisation de l’eau et une alimentation supplémentaire. Cet élevage nécessite peu d’investissement et est à la portée de tous les pisciculteurs privés à condition que leur (s) bassin (s) correspond (ent) aux critères mentionnés au paragraphe 3.1.

Préparation de l’étang

Le nettoyage, la mise à sec, la désinfection et la protection contre les prédateurs sont déjà discutés au paragraphe 2.2.2. La présence d’une clôture autour du bassin est fortement conseillée et évite également la disparition des Clarias. Ce poisson qui saute très bien peut sortir de l’étang et se déplacer sur des distances assez importantes.

Assurez-vous que le profil de l’étang soit juste. Une légère pente jusqu’au point le plus profond (le moine) est obligatoire afin de faciliter la vidange et la récolte des poissons.

L’étang de polyculture est équipé d’un enclos fait de piquets de bambou ou de bois pour y retenir les produits fertilisants (voir 3.2.4.). L’enclos ou compostière est placé dans un angle dans la partie la moins profonde de l’étang. Le rayon de la compostière est de 1,5 m2 pour un bassin de 4 ares jusqu’à 3,0 m pour un bassin de 10 ares. Un cadre flottant de bambou (2 × 2 m) est placé dans la partie moyennement profonde à environ 50 cm du bord de l’étang. Ce cadre est tenu en place par un bout de bambou ou de bois et sert à retenir l’aliment artificiel (voir 3.2.5.).

Des grillages ou d’autres systèmes de protection sont installés à l’entrée de l’eau et au trop plein ou moine pour empêcher l’entrée des poissons sauvages et la sortie des poissons élevés.

Mise en eau

La bassin est rempli dans un maximum de 2 à 4 jours afin d’éviter toute prédation des alevins de Clarias par des grenouilles et/ou tétards. Le débit d’eau et le nombre de bassins à remplir en même temps peuvent être calculés à l’aide du tableau 4.

Tableau 4
Nombre de jours nécessaire pour remplir des étangs de differentes tailles et débit d’eau requis

Délais approximatifs de remplissage (jours)

Volume de l’étang (m3)

Débit d’eau requis (1/s)

4

400

1,0

  600

1,5

  800

2,0

  1 000

2,5

  400

2,0

2

600

3,0

  800

4,0

  1 000

5,0

Mise en charge

Les alevins de C. lazera de 1 g (élevés en écloserie) ou de 3 à 6 g (élevés en étang) et de tilapia O. niloticus de 10 à 20 g sont déversés à une densité de 2/m2 chacun. Au total on empoissonne donc 4 poissons par M2. Les alevins de tilapia sont soit produits par le pisciculteur lui-même soit achetés chez un collègue pisciculteur ou à un centre d’alevinage.

La différence de poids initial des deux espèces doit être respectée afin d’empêcher la prédation des tilapia empoissonés par les silures après quelques mois d’élevage.

Une augmentation du nombre initial de silures entraîne une diminution du poids moyen final dû à une compétition accrue sur la nourriture. Une diminution du nombre initial a un effet opposé. Les silures deviennent plus grands et moins homogènes et le risque de prédation exercée sur les tilapia mis en charge initialement augmenet sérieusement.

L’empoissonnement des alevins est relativement simple. Il suffit de déterminer le poids moyen des alevins à partir d’un échantillon d’un nombre assez élevé. Après quoi on peut calculer le poids total des alevins à peupler.

Exemple : Vous voulez empoissonner votre bassin de 650 m2. Vous avez pris deux échantillons : 57 silures pour 240 g et de 70 tilapia pour 1 120 g. Le nombre d’alevins de chaque espèce à peupler est de 650 m2 × 2/m2 = 1300/m2. Le poids moyens sont : Clarias 240 g ÷ 57 = 4,2 g et tilapia 1 120 g ÷ 72 = 15,8 g. Le poids total d’alevins nécessaire est donc de : Clarias 1 300 × 4,2 g = 5 460 g soit 5,5 kg et tilapia 1 300 × 15,8 g = 20 540 g soit 20,6 kg.

Après d’être pesés les alevins sont mis directement dans un seau rempli de quelques litre d’eau. Les alevins sont de suite transportés vers l’étang. Le récipient contenant les poissons est placé document dans l’eau. En basculant ce récipient un peu les alevins peuvent sortir d’eux-mêmes en nageant. Ne versez jamais les poissons directement dans le bassin. Evitez une différence de température trop élevée entre l’eau du récipient et l’eau de l’étang.

Fertilisation

La production naturelle de l’étang doit être augmentée et/ou maintenue par fertilisation afin de garantir une quantité optimale d’aliment naturel. Le tilapia O. niloticus a un régime alimentaire naturel microphage avec une préférence phytophage, le silure C. lazera est omnivore avec une nette tendance prédatrice. Dans un bassin de polyculture de ces deux espèces le tilapia mange donc : phytoplancton, zooplancton, benthos et algues épiphytes (des algues attachées à un substrat ou une plante) et le silure : zooplancton, benthos et les alevins de tilapia.

La manière la plus simple et économique de fertiliser le bassin de pisciculture est la compostière. Les produits fertilisants sont placés dans un enclos qui se trouve dans un angle de l’étang. La compostière est remplie avec des déjections animales (fumier) fraîches ou séchées, du matériel végétal (herbes, feuilles, drèches, graines de coton, tourteaux, fruits gâtés, dóchets ménagers, cendres etc.) ou du compost.

L’utilisation de compost à base de fumier ou de matériel végétal est peu répandu puisque la fabrication de ce dernier demande beaucoup de temps et de travail. Elle consiste en empilant plusieurs couches de produits végétaux (herbes, feuilles hachées, etc.) ou de fumier et en y ajoutant une pelletée de terre superficielle a chaque couche. Cette pile est construite dans un endroit ombragé à l’abri de la pluie. Cette pile est arrosée de temps à l’autre pour qu’elle pourrisse plus vite. Le compost peut être utilisé après un mois de décomposition.

La compostière est remplie avant la mise en eau de l’étang. On la remplit avec du compost ou dans la plupart des cas on empile plusieurs couches de matériel végétal et de déjections animales. Une première couche est formée de paille, la deuxième de matériel végétal la troisième de déjections animales (provenant de moutons, chèvres, vaches, chevaux, porcs, poules ou canards) et ensuite on répète les mêmes couches. La compostière est bien entassée avant de commencer le remplissage du bassin.

Une fois par quinze jours ou trois semaines, suivant la vitesse de la décomposition des matières organiques, on y ajoute des produits fertilisants. Quand la couleur et/ou la transparence sont optimales, on n’y ajoute plus rien (voir 2.5.3.) Si l’on n’utilise que du matériel végétal ou du compost à base de matériel végétal l’enclos doit toujours rester rempli jusqu’à la surface de l’eau.

Une autre façon de fertiliser l’étang est l’association de l’élevage de poissons à l’élevage d’animaux. Les animaux sont gardés au dessus de l’étang (volaille) ou sur la digue (porcs) et leurs déjections tombent directement dans l’eau. Ainsi une fertilisation permanente de 10 poules/canards ou de 0,5 à 1,0 porc par are est conseillé. Si on met plus d’animaux, l’on risque d’avoir un manque d’oxygène dans l’eau.

Alimentation

L’alimentation naturelle de l’étang, augmentée au maximum grâce à une fertilisation optimale, ne pourra jamais satisfaire le besoin alimentaire des poissons. Une alimentation supplémentaire est obligatoire. Des sous-produits agricoles riches en énergie tels que des drèches de brasserie, de son de riz ou de blé, mais plutôt des produits énergétiques riches en protéines tels que les tourteaux de coton arachides, soya ousesame devront être distribues deux fois par jour, le matin (7 heures) et le soir (5 heures). L’aliment est distribué sous forme de poudre (broyé machinalement ou dans un mortier) dans un cadre flottant fixé dans la partie moyennement profonde de l’étang. L’alimentation dans un cadre fixe stimule l’ingestion directe de la nourriture (les poissons s’habituent très vite à s’alimenter à un endroit fixe) et empêche que la nourriture se disperse sur toute la superficie de l’étang. En flottant elle aurait la tendance de fonctionner comme produit fertilisant au lieu d’aliment. Dans le tableau 5 se trouve la ration alimentaire de tourteaux (matière sèche) pour chaque mois d’élevage. Il est conseillé d’augmenter la ration de 50 % si l’on ne dispose que des produits tels que du son ou de la drèche.

En général, les poissons se disputent la nourriture à la surface. Ainsi dispose-t-on d’un parfait critère d’ingestion et d’observation. La quantité de nourriture doit être ajustée selon l’appétit des poissons, c’est-à-dire diminuée s’il reste de la nourriture et augmentée si l’aliment est trop disputé et par conséquent consommé entièrement dans très peu de temps.

Tableau 5
Ration mensuelle de tourteaux pour l’élevage mixte

Mois

Quantité
(g/are/jour)

Ration alimentaire approximatif
(÷ biomasse)

1

200

8,5

2

300

5,5

3

400

3,5

4

500

2,5

5

600

2,0

6

700–900

1,5

La quantité d’aliment est déterminée à l’aide d’une balance ou d’une boîte à conserve, dont on a déterminé auparavant le poids de son contenu.

Exemple : Vous avez un étang de 650 m2 (= 6,5 are), vous êtes dans le 5ème mois d’élevage et vous disposez d’une boîte à conserve : contenant 500 g de tourteaux. Dans le 5ème mois vous devrez nourrir : 600 g/are/jour. Vous nourrissez : 600 g/are/jour × 6,5 ares = 3 900/g/jour. Ceci correspond à 3 900 g ÷ 500 = 7,8 soit 8 boîtes. Vous distribuez donc : 4 boîtes d’aliment le matin et 4 boîtes le soir.

Gestion

La gestion d’un étang d’élevage mixte nécessite des contrôles réguliers pendant tout le cycle d’élevage afin de garantir une bonne croissance et une survie élevée. Il faut :

Vérifier l’appétit des poissons et ajouter la quantité d’aliment en fonction de celui-ci (voir 3.2.5.)

Vérifier le comportement des poissons. L’alimentation est un moment idéal pour ceci. Il est important que ce soit le pisciculteur lui-même qui alimente et observe les poissons.

Vérifier la transparence de l’étang (indicateur de la fertilisation, voir 2.5.3. et 3.2.4.).

Vérifier la teneur en oxygène. Le comportement de tilapia est indicatif. Quand le taux d’oxygène devient critique (1 mg/l) les tilapia remontent à la surface à la recherche de l’oxygène.

Entretenir le bassin. Toutes les mesures d’entretien de l’étang piscicole telles que d’enlever les plantes aquatiques, vérifier et nettoyer les grilles, les digues, la clôture, le moine, et assurer le niveau d’eau sont décrites en détail au paragraphe 2.7.

Vidange et commercialisation

La récolte des poissons est effectuée au bout d’environ 6 mois d’élevage lorsque les poissons ont atteint un poids assez gros pour être vendus (Clarias 200 à 250 g, tilapia 80 à 100 g). Il est conseillé de vérifier le poids moyen des poissons au début du 6ème mois. Un échantillon de poissons est pris avec un épervier. Le résultat de cette pêche de contrôle permet de fixer la date de la récolte de tous les poissons.

La quantité de poissons à récolter dépend de la taille du bassin. Il faut compter une production de 40 à 60 kg/are. La façon de vidanger l’étang est en fonction de cette quantité de poissons (donc la taille du bassin) et la capacité du marché (= la quantité de poissons que l’on peut vendre dans une journée). Cette capacité n’est pas toujours stable mais varie selon l’époque du mois ou de l’année. Quand la quantité de poissons espérée est inférieure à la capacité du marché, on vide toute l’eau de l’étang et les poissons récoltés sont vendus le jour même. Quand la quantité de poissons espérée excède la quantité que l’on pourrait vendre par jour, on procèd de manière suivante :

Pendant un ou plusieurs jours en récupère une partie des poissons à l’aide d’une senne après quoi, l’étang est vidé complement la dernière journée de la vente ;

ou

L’étang est vidé complètement, tous les poissons sont récupérés, stockés et gardés vivants, après quoi on les vend en plusieurs jours.

La deuxième méthode est moins utilisée puisqu’elle nécessite une infrastructure plus importante (bacs ou étang de stockage) et un débit d’eau élevé pour le renouvellement de l’eau des bacs ou de l’étang de stockage.

Exemple : Vous vidangez votre étang de 6,5 ares et vous pouvez vendre au maximum 100 kg/jour. La quantité de poissons espérée est de : 6,5 ares × 50 kg/are = 325 kg. La vente des poissons est répartie sur : 325 kg ÷ 100 kg/jour = 3,25 jours soit 4 jours. Vous enlevez donc d’abord pendant 3 jours environ 100 kg/jour avec la senne et la 4ème jour vous videz complètement l’étang.

La vidange et/ou le sennage sont effectués le matin de bonne heure lorsqu’il fait encore frais. L’étang est vidangé complètement soit par la moine soit en pratiquant une ouverture dans la digue, à son extrémité profonde. Une grille est placée à la sortie de manière à ne perdre aucun poisson. Ces derniers sont récupérés soit dans la pêcherie soit dans l’étang avec des épuisettes ou des paniers. Les poissons récoltés sont d’abord bien rincés après quoi on les trie sur une table de tri. Ensuite, ils sont pesés et placés espèce par espèce dans des récipients et vendus immédiatement. La vente des poissons peut être facilitée en utilisant un chariot sur lequel on place deux demi-fûts de 100 l chacun. Ainsi on peut transporter 100 à 150 kg de poissons. Les récipients avec les poissons sont toujours gardés à l’ombre.

Il est d’une très grande importance de vider toute l’eau et de récupérer tous les poissons, surtout tous les silures. Un seul silure échappé peut être responsable pour la disparition complète des alevins d’un nouveau cycle d’élevage.

Les courbes de croissance et de biomasse des deux espèces se trouvent dans les figures 1 et 2. Le tableau 6 montre l’évaluation du poids moyen, de la survie et de la biomasse de chaque espèce. La biomas ou poids total d’un étang est égal(e) à :

nombre initial × survie × poids moyen.

Tableau 6
Evaluation de la production de chaque espèce d’une polyculture silure-tilapia

Mois

Silure

    Tilapia

    Total

PM
(g)

Survie
(%)

Biomasse
(kg/are)

PM
(g)

Survie
(%)

Biomasse
(kg/are)

Biomasse
(kg/are)

0

3

100

0,6

10

100

2,0

2,6

1

15

90

2,7

16

85

2,7

5,4

2

45

85

7,6

28

70

3,9

11,5

3

90

80

14,4

46

75

7,0

21,4

4

135

75

20,2

62

80

9,8

30,0

5

185

75

27,7

75

100

15,1

42,8

6

230

75

34,6

90

100

18,0

52,6

Ce tableau montre que les tilapias se reproduisent au moins une fois, avant que les silures commencent à se nourrir des alevins de tilapia. Pour obtenir cette production il fallait une fertilisation adéquate de l’étang à l’aide d’une compostière et environ 800 à 100 kg de tourteaux.

Certains paramètres peuvent être calculés à base des résultats de vidange afin de pouvoir comparer la productivité de différents étangs ou de plusieurs types d’élevage. Les plus importants paramètres sont le rendement et le taux de conversion alimentaire ou quotient nutritif.

Le rendement est la production annuelle de l’étang exprimée par unité de superficie. On l’exprime en kg/are/an (petits étangs) ou en t/ha/an (grands étangs). La production de l’étang est la différence entre la biomasse finale moins la biomasse initiale.

production (kg)

= biomasse finale (kg) – biomasse initiale (kg) = (poids moyen × nombre final) – (poids moyen × nombre initial)

Ce taux de conversion alimentaire est relatif pour ce type d’élevage parce que la production piscicole n’est pas uniquement due à l’alimentation supplémentaire mais aussi à la production naturelle. Les valeurs du taux de couversion alimentaire sont donc surestimées, c’est-à-dire trop bas.

Exemple : Vous avez obtenu une production de 325 kg (voir ci-dessus) et vous avez nourri 585 kg de tourteaux de coton.
Le taux de conversion alimentaire (ou quotient nutritif) est donc de :
585 kg : 325 kg = 1,8

Des rendements de 80 à 120 kg/are/an et des taux de conversion alimentaire de 1,5 à 2,5 peuvent être obtenus à condition d’une maîtrise complète de la méthode piscicole.

Monoculture de C. lazera

La monoculture du silure vise à obtenir des productions élevées. Ces productions peuvent être réalisées puisque l’on peut peupler le silure à des densités élevées grâce à son organe respiratoire accessoire avec lequel il obtient de l’oxygène directement de l’air.

La densité du peuplement est tellement élevée que la production naturelle n’est qu’une fraction du besoin alimentaire des poissons. La croissance de silures dépend presque complètement de l’aliment artificiel. Il est évident que cet aliment doit contenir tous les éléments nutritifs nécessaires à une croissance optimale des silures.

L’élevage monospécifique du silure basé sur une densité élevée et une alimentation artificielle, demande une technicité beaucoup plus élevée que pour la polyculture et un investissement assez important. Ce type d’élevage est uniquement à la portée des pisciculteurs confirmés. Ceux-ci sont des très bons pisciculteurs ayant prouvés d’avoir compris le principe d’élevage. Il faut d’abord investir (alevins et surtout la nourriture), ensuite soigner les animaux avant de pouvoir récupérer cet investissement ainsi qu’une bénéfice à la vidange.

Préparation de l’étang

La préparation de l’étang est décrite en paragraphe 3.2.1., avec une seule différence qu’un étang de monoculture ne nécessite pas un enclos pour la compostière.

Mise en eau

La mise en eau est identique à celle de l’étang de polyculture (voir 3.2.2.).

Mise en charge

Les alevins de 1 g (provenance écloseries) ou de 3 à 6 g (provenance étangs) sont peuplés à une densité de 10/m2.

Alimentation

L’aliment complet artificiel est fabriqué avec des sousproduits agricoles disponibles localement, complété avec de produits chimiques contenant des vitamines et des minéraux. La composition de cet aliment, la fabrication, ainsi que le stockage, sont discutés dans le tôme 4 de cette série (Doc. Tech. n° 23).

L’aliment est distribué en forme de granulés afin d’assurer l’ingestion complète de tous les ingrédients, mêmes ceux présents dans des très faibles quantités (vitamines, minéraux).

La quantité de granulés à distribuer par are et par jour se trouve dans la fiche technique de cet élevage (tableau 7). Les silures sont alimentés trois fois par jour, le matin (7 heures) le midi (12 heures) et le soir (5 heures). Il est important de distribuer l’aliment toujours au même endroit (de préférence dans un cadre) sur une superficie d’environ 2 à 3 m2 afin de réduire au maximum la compétition alimentaire entre les silures. Ne distribuez pas l’aliment sur toute la superficie de l’étang. La quantité d’aliment est déterminée à l’aide d’une balance ou d’une boîte à conserve dont on a déterminé auparavant le poids de son contenu.

Exemple : Vous avez un étang de 6,5 ares et vous êtes dans la 7ème semaine d’élevage et vous disposez d’une boîte à conserve contenant 600 g de granulés. Le tableau 7 indique que vous devrez alimenter 400 g/are/jour (6ème et 7 ème semaine). Vous alimentez donc : 6,5 ares × 400 g/are/jour = 2.600 g/jour.
Cette quantité d’aliment est distribuée en trois fois. Vous distribuez : 2 600 g ÷ 3 = 870 g le matin, le midi et le soir. Ceci correspond à : 870 ÷ 600 = 1,45 soit 1,5 boîtes. Vous distribuez donc 3 fois par jour 1,5 boîtes.

Le comportement des silures pendant l’alimentation est difficile à observer. Les granulés tombent au fond de l’étang. Des bulles d’air qui remontent à la surface sont la seule indication que les silures mangent. De temps à autre un silure monte à la surface pour prendre de l’air. Il est donc presque impossible à savoir si tout l’aliment est ingéré.

Une fois chaque 4 à 6 semaines on vérifie le poids et la condition des silures à l’aide d’un échantillon pêché avec un épervier. Cette pêche de contrôle permet d’ajuster la quantité d’aliment (voir tableau 7). Dans ce tableau on a calculé la biomasse approximative et la quantité d’aliment par jour par rapport au poids moyen. Cette dernière est calculée par : biomasse × ration alimentaire (% de la biomasse). Evitez la suralimentation des poissons. L’aliment non ingéré fonctionne comme produit fertilisant et le risque de déséquilibre du système biologique augmente due à une surfertilisation.

Tableau 7
Fiche technique d’un élevage monospécifique de C. lazera
(densité initiale 10/m2)

Semaine

Poids moyen
(g)

Survie
(%)

Biomasse
(kg/are)

Ration alimentaire
(%)

Quantité d’aliment
(g/are/jour)

0

1

100

1,0

20

200

2

5

70

3,5

7,5

250

4

10

65

6,5

4,5

300

6

18

60

10,8

4,0

400

8

27

  16,2

3,3

525

10

36

  21,6

3,0

650

12

52

55

28,6

2,7

775

14

65

  35,7

2,6

900

16

79

  43,4

2,4

1 025

18

102

50

51,0

2,3

1 150

20

130

  65,0

2,1

1 350

22

160

  80,0

1,9

1 500

24

200

  100,0

1,8

récolte

Exemple : Le poids moyen est 50 g. Le tableau indique une survie de 55 %. Le nombre de poissons par are est :

1 000 (nombre initial) × 55 ÷ 100 = 550

Le poids total est calculé :

550 × 50 g = 27 500 g soit 27,5 kg

Le tableau indique une ration alimentaire de 2,7 %. La quantité d’aliment par are est donc :

27,5 × 2,7 ÷ 100 = 0,743 kg soit 743 g.

Gestion

Le but de l’élevage monospécifique est d’obtenir une production élevée. Cette production peut seulement être réalisée quand l’étang est géré de manière que tous les facteurs qui influencent la croissance (aliment adéquat, indemne de toxines, taux d’oxygène, qualité d’eau) et la survie (prédation, maladies, vol, fuite d’eau, inondation) soient optimaux.

Les contrôles journaliers sont discutés dans les paragraphes 2.7. et 3.2.7.

L’observation des silures élevés en monoculture est difficile, d’abord parce que les poissons s’alimentent au fond du bassin et ensuite parce que la transparence de l’eau est souvent très faible due à des activités fouilleuses des silures dans la vase. Ainsi l’argile et le détritus sont en permanence tenus en suspension. Ceci diminue aussi la production naturelle de l’étang (manque de photosynthèse dû à un manque de luminosité).

De temps à autre on peut essayer d’observer le comportement des poissons en distribuant quelques granulés à la fois. Parfois les plus gros silures remonteront à la surface, afin de se disputer ces quelques granulés.

Dans le tableau 7 se trouve l’évaluation typique du poids moyen d’un élevage monospécifique peuplé à une densité initiale de 10/m2. Cette évaluation du poids moyen, la condition des poissons (pêche de contrôle) et le comportement de ceux-ci sont les plus importantes indications pour mener à terme la monoculture de C. lazera.

Une augmentation excessive du poids entre deux pêches de contrôle indique généralement une diminution importante de la survie due à :

vol de poissons ;

la perte de poissons (fuite d’eau, grilles enlevées ou inondation) ;

prédation.

Dans tous ces cas, il faut diminuer de manière rigoureuse la quantité d’aliment; Parfois il est même conseillé de vidanger le bassin afin de déterminer le nombre exact de poissons.

Une stabilisation ou une faible augmentation du poids moyen indique :

une survie élevée ;

des problèmes de maladies, souvent accompagnés de mortalités. Ceci est confirmé par une mauvaise condition des poissons (pêche de contrôle) et une diminution de l’appétit et parfois la présence de poissons morts.

Dans le premier cas, il faut augmenter la quantité d’aliment tandis que dans le deuxième cas on la diminue.

Vidange et commercialisation

Après environ 6 mois, quand les silures ont atteint un poids suffisamment gros (200 à 250 g), on peut vidanger l’étang et vendre tous les poissons. Le calcul de la date de vidange, la vidange et la commercialisation ont été décrites en détail au paragraphe 3.2.7.

Des productions de 180 à 240 kg/are/an et des taux de conversion de 1,5 à 2 peuvent être obtenues en maîtrisant complètement la méthode de cet élevage monospécifique de C. lazera.

Les figures 3 et 4 montrent les courbes de croissance et de biomasse relatives à un élevage typique du silure à une densité initiale de 10/m2.

Maladies

Des organismes pathogènes sont toujours présents dans chaque étang. Ces organismes (virus, bactéries, parasites) sont en permanence en contact avec le poisson (peau et ouies). Dans des conditions d’élevage optimales, ces organismes pathogènes et les silures vivent en équilibre. Cet équilibre peut être perturbé par une mauvaise qualité d’eau, une sur-alimentation ou un déséquilibre écologique de l’étang. La résistance des poissons est affaiblie par un mauvais aliment (manque d’ingrédient, vitamines périmées) ou une sous-alimentation. En général, il en résulte qu’un ou plusieurs de ces organismes pathogènes profilèrent et que le système de résistance des poissons ne fonctionne plus après quoi des maladies apparaissent. Les jeunes poissons (larves, alevins et fingerlings) sont les plus vulnérables puisque leur système d’autorésistance ne fonctionne pas encore d’une manière convenable.

Des silures stressés ou malades sont reconnus par un comportement anormal, tel qu’un manque d’apétit, position verticale à la surface, mouvements lents, etc. ou par des symptômes cliniques tels que des tâches blanches, des barbillons raccourcis, des ulcères, les yeux gonflés, etc…

Il est donc très important de vérifier tous les jours le comportement et la condition des poissons. L’alimentation et la pêche de contrôle sont des moments idéaux pour ces observations.

Jusqu’à présent on n’a jamais obtenu une perte importante due à des maladies virales, bactérielles, fongiques ou parasitaires. Ces maladies sont discutées dans le premier tôme de cette série.

Une seule maladie importante a été rencontrée :

Symptômes :

Les yeux gonflés, les os affaiblis, nécrose de l’organe respiratoire accessoire. A un stade plus avancé la maladie se généralise hémorragie, septicémie et le cartillage des os craniens devient nécrotique. On distingue une nette ligne rouge (hémorragie) transversalement sur le crâne du silure. Finalement le crâne fend suivi par la mort du poisson.

Diagnose :

Maladie du crâne fendu. Cette maladie est probablement due à une dégradation de la qualité de l’eau. La suralimentation et le manque de lumière sont responsables pour une accumulation de matériel organique au fond de l’étang suivi par un manque d’oxygène et une prolifération des bactéries. C’est dans ce milieu contaminé et malsain au fond de l’étang que les silures vivent. Cette maladie a été constaté en écloserie et chez le silure américain et asiatique dans les mêmes conditions.

Prophylaxie et therapie :

La meilleure prophylaxie est d’éviter une suralimentation et d’assurer une bonne qualité d’aliment (vérifier que les micro éléments ne sont pas périmés). Dès les premiers symptômes, il faut augmenter le débit d’eau de manière considérable et renouveler régulièrement l’eau de l’étang ainsi que diminuer la ration alimentaire. Après 3 à 4 semaines, quand le comportement et la condition des poissons sont devenus normaux, on peut augmenter la quantité d’aliment.

Gestion d’une ferme art

La taille et le nombre d’étangs que l’on peut construire dépendent du débit d’eau disponible au moment où on envisage de les remplir. Le débit d’eau pendant la saison sèche devrait être suffisant pour compenser la perte d’eau due à l’évaporation et l’infiltration. En général, on compte 10 1/s pour chaque hectare d’étangs. La taille des étangs, conseillée entre 4 et 10 ares, est calculée en fonction du fait de pouvoir remplir chaque étang dans 2 jours.

Il est fortement déconseillé de projeter une vidange ou un remplissage pendant la saison sèche. Les vidanges sont réparties de manière homogène sur la période de l’année où l’on dispose d’un débit d’eau suffisant.

Un plan de travail annuel est établi afin de pouvoir gérer la station piscicole. Il est important de savoir quand on doit remplir les bassins, combien d’eau et combien d’alevins on a besoin, combien d’aliment est nécessaire (faire la commande bien en avance). et quand se feront les vidanges.


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